LA TRADITION ET LES TRADITIONS
4, 1, 7); il en est qui représentent les règles de comportement
reçues chez << les saints », c'est-à-dire dans les Églises de Judée
immédiatement issues de l'action des Douze, et surtout de
Pierre 24: ainsi les règles concernant le voile ou le silence des
femmes (1 Co, 3, 16; 14, 34); ou encore les règles que Paul a
lui-même déterminées, mais « au nom du Seigneur Jésus »
(cf. 1 Th, 4, 1-2; 2 Th, 3, 6, 12).
Il ne faut pas trop séparer, chez S. Paul, la « tradition » de
la foi pascale et la« tradition » des règles apostoliques de conduite.
Les deux «< édifient » la communauté. Les deux intègrent le vrai
rapport religieux que les fidèles doivent avoir avec Dieu dans le
Christ. S. Paul enseigne aux communautés « ses voies dans
le Christ » (1 Co, 4, 17) : dans sa « tradition », il s'agit de « rece-
voir le Christ » pour « marcher en Lui» (Col, 2, 6; comp. 1 Co,
II, 2). Pour Paul, le vrai rapport religieux n'est pas déterminé
seulement par « son Évangile ». Déjà au niveau de la foi essen-
tielle, il est déterminé par une croyance qu'il a reçue et qu'il
transmet. Mais il est déterminé aussi par des comportements
dont les apôtres et les premières communautés judéennes sont
le modèle. Il s'agit de «< comprendre avec tous les saints ce qu'est
la Largeur, la Longueur, la Hauteur et la Profondeur... et vous
entrerez par votre plénitude dans toute la plénitude de Dieu »>
(Ép., 3, 18-19). « Avec tous les saints »>, finalement, signifie «< avec
les apôtres »> (comp. 3, 2-6; Col, 1, 26-27). Paul était bien apôtre
par un appel et par une révélation particuliers du Christ glorifié;
il n'en a pas moins tout fait pour garder lui-même la communion
avec Jérusalem, avec les Douze, avec « les notables » ou « les
colonnes », avec Céphas 25. Ce qu'il transmet, sa « tradition », a
pour contenu essentiel le vrai rapport religieux. C'est pourquoi,
conformément au type et au génie de l'Ancien Testament déjà,
des impératifs de comportement s'y mêlent à des indicatifs de
foi. Cependant, les deux ordres de « traditions »> ne sont pas
tout à fait sur le même plan : les faits et doctrines de Christo,
objets du kérygme, ont un caractère absolu et immuable, « fon-
damental » (cf. 1 Co, 3, 10; Ga, 1, 6 s.) que n'ont pas les règles de
comportement posées par les apôtres sous la conduite du Saint-
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