LE FAIT DE « TRADITION »
tion 46. Il ne faut pas l'entendre d'une manière toute mécanique
et juridique, comme si la révélation apostolique était faite d'une
liste de propositions dont il n'y aurait plus qu'à garder la lettre
et à exploiter le contenu intelligible. Une juste théologie de la
Révélation montre qu'elle porte très précisément sur le vrai
rapport religieux d'alliance que Dieu veut établir avec les
hommes. Ce rapport est parfait et définitif en Jésus-Christ, or
nous connaissons Jésus-Christ par le témoignage apostolique et
par lui seul 47. Le corps de faits, de vérités et de réalités qui
fonde ou constitue le rapport religieux des hommes avec Dieu
dans le Christ, a été donné une fois pour toutes par les apôtres
On ne peut rien lui ajouter de substantiel.
Cela ne signifie évidemment pas le Nouveau Testament
affirme lui-même assez clairement le contraire que le Saint-
Esprit cesserait d'actualiser, d'expliquer, dans la trame de l'his-
toire, d'une vraie histoire, le sens ou le contenu inépuisable du
dépôt. On remarquera dans quels termes S. Paul recommande
la fidélité au dépôt : « Prends pour norme (Spicq: Aie pour
modèle) les saines paroles que tu as entendues de moi... garde le
bon dépôt avec l'aide de l'Esprit-Saint» (2 Tm, 1, 13-14).
'Yлotúπwais (cf. 1 Tm, 1, 16) signifie esquisse, ébauche, d'où
exposition sommaire, définition générale; puis modèle, exemple
(cf. Sлódεlyμa: Jn, 13, 15; fc, 5, 10; 2 P, 2, 6). Des références
données par Wettstein, il résulte que ce mot est employé en
sculpture d'un modèle à peine dégrossi qui peut être par la
suite travaillé et dont la ressemblance sera achevée, en peinture
d'une ébauche ou d'une esquisse qui sera continuée, en littéra-
ture d'une note ou d'un résumé qui donne une idée générale
d'un sujet mais non son exposé complet. (...) Le sens commun
est celui d'une note sommaire ou d'une représentation qui n'est
pas à reproduire comme un modèle, mais qui sert d'esquisse et
qui doit être achevée, mise au point par une exposition détaillée 48. >>
Le dépôt est remis à une Église qui vit historiquement l'histoire
du salut. Il admet une sorte d'activité « midrashique » d'actua-
lisation et même, en ce sens, d'achèvement: le garder «< avec
l'aide du Saint-Esprit », c'est en vivre,
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