LES PÈRES ET L'ÉGLISE ANCIENNE
sous serment devant le pontife à renoncer au diable, à ses pompes
et à ses anges; ensuite nous sommes immergés trois fois, en répon-
dant quelque chose de plus que le Seigneur ne l'a précisé dans son
Évangile. Au sortir de là, nous goûtons pour la première fois la
concorde du lait et du miel; à dater de ce jour, nous nous abstenons
de bain quotidien, pendant toute la semaine. Le mystère de l'eucha-
ristie que le Seigneur (a institué) à l'heure du repas et qu'il confia
à tous, nous ne le recevons pas moins dans des assemblées qui ont
lieu avant le jour, et seulement de la main de ceux qui président.
Nous faisons des oblations anniversaires pour les défunts
et les nativités [des martyrs]. Nous regardons comme illicite de jeûner
ou de prier à genoux le jour du dimanche. Nous jouissons de la même
immunité depuis le jour de Pâques jusqu'à la Pentecôte. (...)
S'agit-il de nous mettre en voyage ou de marcher, d'entrer ou de
sortir, de nous chausser, de nous laver, de nous mettre à table,
d'allumer la lumière, de nous coucher, de nous asseoir, quelque
action que nous fassions, nous marquons le front du signe de la
croix 3...
Tertullien ne parle pas expressément de traditions aposto-
liques : le critère de leur valeur est pour lui simplement l'anti-
quité d'une coutume reçue des Pères. Le texte cité est de la
période montaniste, mais le témoignage qu'il porte quant aux
faits est indépendant de toute théologie montaniste.
CLÉMENT D'ALEXANDRIE représente un cas particulier : non
seulement il admet que des doctrines fassent l'objet d'une trans-
mission toute orale, mais il fait de ces aypapa doctrinaux la
matière même de la gnose chrétienne. Origène ne l'a pas suivi
en ceci, bien qu'il admette une gnose au-delà de l'Écriture 4.
ORIGÈNE : baptême des enfants 5. Prier à genoux et tourné
vers l'Orient; le rite de l'eucharistie et du baptême Ⓡ.
S. DENYS D'ALEXANDRIE († v. 265): la célébration des
dimanches 7.
Le pape ÉTIENNE : la validité du baptême des hérétiques ⁹.
S. CYPRIEN († 258) rattache à l'usage du Seigneur, non d'ail-
leurs sans invoquer des appuis scripturaires, l'usage d'offrir un
calice de vin, mais mêlé d'eau. Il considère comme un point
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