LA TRADITION ET LES TRADITIONS
la nuit; 31: chanter l'Alleluia dans l'église; 32: l'Écriture sainte
(cit. de S. Jérôme, Hom. 1 in Cant.); 33: la célébration des SS.
Innocents; 34: mêler de l'eau au vin eucharistique. d) MEL-
CHIOR CANO († 1560) n'a été au concile qu'à partir de 1551. Il a,
l'un des premiers, traité la question des traditions apostoliques
non écrites avec une certaine ampleur 41. Cano est trop averti
des données de l'histoire, dont déjà Driedo tenait compte, pour
ne pas nuancer son exposé et ne pas distinguer entre traditions
apostoliques immuables et traditions apostoliques changeables.
Cependant, mettant en œuvre quatre critères, il pense pouvoir
considérer comme tradition apostolique ce que nous savons
aujourd'hui n'être que des institutions ecclésiastiques 42. —
e) PIERRE SOTO, lui, n'est arrivé au concile qu'en 1561, et il est
mort deux ans après. Il énumère : le caractère sacrificiel de la
messe, l'usage du chrême, l'invocation des saints, le caractère
méritoire des œuvres, la primauté du pape, la bénédiction de
l'eau baptismale, les sacrements de confirmation, d'ordre, de
mariage et de l'onction des malades, la prière pour les morts,
l'obligation de spécifier les péchés dans la confession et la néces-
sité d'accomplir la satisfaction 48. On le voit, sa liste est à la fois
très théologique, élaborée dans une perspective d'enseignement,
et très mêlée...
2º IVe session de Trente. - Le légat CERVINO parlait du jeûne
du carême (C. T., I, p. 492, I. 18) et, dans son discours du
23 février 1546, se référait à Origène et Tertullien, cités supra
(C. T., V, p. 14-18). BERTRANO, évêque de Fano, dans la congré-
gation générale du 27 mars, citait le geste de prier debout de
Pâques à l'Ascension, l'usage de donner la communion sous une
seule espèce aux laïcs, le célibat des prêtres, et similia... (C. T., I,
p. 39, 1. 31 s. et p. 523; V, p. 39 s.). THOMAS CASELLO, O. P.,
évêque de Bertinoro, distinguant les traditions orales suscep-
tibles d'être changées et celles qui ne le sont pas, donnait, comme
exemples de celles-ci, le fait de mêler de l'eau au vin de la messe,
ce que le pape Fabien dit du chrême (en réalité, d'après une
fausse décrétale. Cf. P. L., 10, 189), la pratique de la confession
auriculaire, et d'autres choses de même genre (C. T., I, p. 524).
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