LA TRADITION ET LES TRADITIONS
limitée qu'elle était, soit à la discrétion à l'égard des païens, soit,
après l'organisation d'un catéchuménat, à une observance litur-
gique à l'intérieur de la communauté. Une bonne théorie du
développement dogmatique nous dispense d'avoir recours à des
expédients mineurs. Le recentrement sur le mystère du Christ,
qui accompagne le triple ressourcement biblique, liturgique et
patristique, est favorable à une reprise --- s'il doit y avoir reprise
- de la position patristique. Il n'y a théologie, il n'y a dogme,
que du révélé 64. Or, la Révélation est, de sa nature, publique 65;
elle a été faite par les prophètes, dans le Christ et par les apôtres,
une fois pour toutes. Les saintes Écritures en sont le mémorial
suffisant et parfait. La tradition n'est pas, à côté d'elles, une
seconde source d'où viendrait une partie, non contenue en elles,
des vérités de la foi, mais une autre manière, complémentaire,
de communiquer ces vérités. De plus, elle véhicule des tradi-
tions, à savoir des coutumes, pratiques ou rites dont les évolu-
tions historiques n'empêchent pas qu'en leur substance, ils
proviennent éventuellement des apôtres. Pas plus d'ailleurs que
leur caractère liturgique et disciplinaire n'empêche qu'elles
n'aient des implications et une portée doctrinales, surtout s'il
s'agit de sacrements proprement dits.
D) CERTAINS ASPECTS DE LA LECTURE
APOSTOLIQUE, PATRISTIQUE
ET TRADITIONNELLE DE LA SAINTE ÉCRITURE
Certains aspects, disons-nous. Il en est assurément d'autres.
Nous ne voulons ici qu'attirer l'attention sur certains usages de
la sainte Écriture, qui apparaîtront d'autant plus importants
pour bien comprendre la tradition, si l'on se rappelle que la
liturgie représente une part éminente de celle-ci. Il eût fallu
lui consacrer une étude particulière, dont on comprendra qu'elle
dépassait le cadre et les possibilités de la présente recherche.
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