LES PÈRES ET L'ÉGLISE ANCIENNE
commencé très tôt, et pas seulement pour appuyer des règles de
comportement moral, comme on le voit chez Clément de Rome,
puis chez S. Cyprien et dans les Constitutions apostoliques, mais
pour fonder l'institution elle-même 41, les degrés et différences
dans le sacerdoce, en particulier 42. L'Ordo presbyterorum, dit-on,
a son origine dans les fils d'Aaron 43. S. Augustin, parlant du
Christ-prêtre, invoque relativement peu l'épître aux Hébreux :
il se réfère aux Libri Regum, où il trouve les types d'une théologie
de l'Oint par excellence 44. Il y a plus, à notre avis, dans ces faits
-on pourrait en citer bien d'autres qu'une conséquence du
sentiment très vif de l'unité profonde des deux Testaments et
de l'antiquité de l'Église, il y a une lecture typologiste et exem-
plariste de la sainte Écriture.
Nous évoquerons un autre exemple encore : le rôle très consi-
dérable qu'ont joué, dans la théologie de la pénitence, la légis-
lation biblique sur la lèpre et, dans l'Évangile, la guérison du
lépreux et la résurrection de Lazare 45. Sans insister sur la
valeur probante de la référence, on cherchait aussi parfois une
indication scripturaire en faveur du sacrement de confirmation
dans le geste de Jésus imposant les mains aux enfants. Le
Seigneur avait fait ainsi... Simple fruit d'un état encore imagi-
natif et symboliste de la théologie? Il y a de cela, nous l'admet-
tons, mais il y a autre chose : le développement d'une tradition
typologique.
C'est dans cette perspective encore que, comme faisaient déjà
le Christ et les apôtres, les Pères invoquent parfois l'Écriture de
manière synthétique, en faisant des rapprochements de textes
inattendus, auxquels n'aurait pas songé une exégèse purement
scientifique, mais ces rapprochements, qu'on trouve aussi dans
la liturgie, éclairent souvent le point en question de façon remar-
quable et ouvrent des perspectives profondes à la contemplation
de la foi en quête d'intelligence de l'œuvre de Dieu.
Newman a bien perçu cela; il l'a mis en rapport avec ce que
certains appelleraient le platonisme ou l'alexandrinisme des
Pères, mais qui pourrait être, plus profondément, leur sens très
biblique du mystère de la Révélation. Il écrivait :
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