LES PÈRES ET L'ÉGLISE ANCIENNE
retur Ecclesia, id est populus Dei per omnes gentes, quod est corpus
ejus? »; c. 19, n. 33 (335) : « In his tamen omnibus mysteria spiri-
tualia significabantur, quae ad Christum et Ecclesiam pertinerent? »
Contra Faustum, XXI, 94 (42, 463) : « Christum igitur sonant haec
omnia, caput illud quod jam ascendit in coelum, et hoc corpus ejus
quod usque in finem laborat in terra. »
Epist., 105, 4, 14-15 (33, 401-403): « In Scripturis discimus Chris-
tum, in Scripturis discimus Ecclesiam. » Augustin le montre en
reprenant un certain nombre de textes familiers au kérygme aposto-
lique ou aux listes de Testimonia. De même Epist., 185, De
C
correctione Donatistarum, c. I, n. 2-3 (793).
En. in Ps. 30, en II, sermo, 2, 8 et 9 (36, 244): « Caepit Spiritus
Dei, caepit Deus ab Abraham praedicare velle Ecclesiam... Christum
figurate praedicabat. Ecclesiam aperte praedicavit... »; Ps. 79, I (36,
1021): « Totum omnium Scripturarum mysterium Christus et
Ecclesia...» Ps. 84, 4 (W7, 1070).
De fide rerum quae non videntur, c. 3-4 (40, 174-178): sans cesse
l'annonce de l'Église accompagne celle du Christ.
Sermo, 46, 33 (38, 289): « Prope omnis pagina nihil aliud sonat
quam Christum et Ecclesiam toto orbe diffusam... » 129, 4-6 (38, 722-
723), où il montre que les mêmes textes parlent de l'Église après avoir
parlé du Christ.
De Civ. Dei, XVI, 2, 3 (41, 479) : « Haec scripturae secreta... neque
nisi ad Christum et ejus ecclesiam, quae civitas Dei est, esse refe-
renda... » De très nombreux exemples de cette préfiguration sont
donnés au cours des livres XVI et XVII; voir aussi lib. XVIII, c. 29
(Isaïe, P. L., 41, 585), c. 33 (Jérémie et Sophonie, col. 591), c. 34
(Daniel et Ézéchiel, col. 592).
La typologie christologique et ecclésiale d'Augustin est très riche
(cf. TH. SPECHT, Die Lehre von der Kirche nach dem hl. Augustin,
Paderb n, 1892, p. 9 et s.; M. PONTET, L'Exégèse de S. Augustin
prédicateur, Paris, 1945); elle verse parfois dans l'allégorisme, mais
garde, en ses lignes essentielles, le sens de la « tradition » et du
kérygme apostoliques. Pour mesurer l'immense influence qu'elle a
eue sur la lecture biblique de l'Occident, il faudrait encore évoquer
ici les grands principes exégétiques d'Augustin: Christus totus, caput
et corpus, Sponsus et Sponsa; vox una... C'est toute l'exégèse médié-
vale qu'il faudrait interroger (cf. B. SMALLEY, The Study of the Bible
in the Middle Ages, Oxford, 1940, 2º éd., 1951; C. SPICQ, Esquisse
d'une histoire de l'exégèse latine au moyen âge (Bibl. thomiste, 26),
Paris, 1944. Mais surtout H. DE LUBAC, Exégèse médiévale. Les quatre
sens de l'Ecriture, 2 vol. parus (Théologie, 41-42), Paris, 1959).
Les Pères font des rapprochements de textes bibliques parfois
inattendus et qu'on ne ferait pas en suivant les seules règles de
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