LA TRADITION ET LES TRADITIONS
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20, 5-7 : « Et perinde ecclesias apud unamquamque civitatem condi-
derunt, a quibus traducem fidei et semina doctrinae ceterae exinde
ecclesiae mutuatae sunt et cottidie mutuantur ut ecclesiae fiant. (...)
Omne genus ad originem suam censeatur necesse est. Itaque tot ac
tantae ecclesiae una est illa ab apostolis prima, ex qua omnes » (S. Ch.,
46; 1957, p. 112-113; P. L., 2, 32; PREUSCHEN, p. 15); CLÉMENT D'ALEX.
Strom, 1, 11, 3 (S. Ch., 30; 1951, p. 52); ORIGÈNE, De Principiis, praef.,
2 (P. G., II, 116; KŒTSCHAU, p. 8; E. P., 443); S. CYPRIEN, De Uni-
tate, c. 5: " Ramos suos in universam terram copia ubertatis extendit,
profluentes largiter rivos latius pandit, unum tamen caput est et origo
una... » (éd. et trad. P. DE LABRIOLLE (Unam Sanctam, 9), Paris, 1942).
Cette idée se retrouve chez les Pères des Ive-ve siècles, par exemple
S. AUGUSTIN, Epist., 232, 3 (P. L., 33, 1028) et la perpétuelle évocation
qu'il fait de Lc, 24, 47: l'Eglise, la Catholica, se répand partout, «< inci-
piens a Jerusalem ». S. LÉON, Sermo, 64, 1 (P. L., 54, 358 B: «< in illis
(apostolis) et nos eruditi sumus... ») Et cf. A. LAURA, cité infra, sect. B,
n. 1, p. 171 et passim; pour S. Léon, la tradition est essentiellement ce
qu'on a reçu des Pères, cela remonte jusqu'aux apôtres.
4. L'image est sous-jacente aux textes de Tertullien et de Cyprien
cités n. préc.; on la retrouve expressément chez S. BERNARD, In Cant.,
sermo 30, 7 (P. L., 183, 934).
5. Comp. notre notice Apostolicité, dans Catholicisme, t. I, 1948,
col. 728-730.
6. Jn, 20, 21; 17, 18; cf. 1 Jn, 1, 1-3; Jn, 10, 14-15; 17, 26; Lc, 22,
29, 31-32; comp. Rm, 1, 1-6; 1 Co, 3, 23; II, 3.
7. CLÉMENT, Co, 42, 1-2 (A. VON HARNACK. Dogmengesch, I*,
p. 182 s.); IGNACE, Magn., 6 et passim; SÉRAPION D'ANTIOCHE (apud
EUSÈBE, Í. E., VI, 12; SCHWARTZ, II, p. 544): « Nous autres, nous
recevons Pierre et les autres apôtres comme le Christ lui-même »; TER-
TULLIEN, Praescr., 21, 4, « id sine dubio tenentem quod ecclesiae ab
apostolis, apostoli a Christo, Christus a Deo accepit »; 37, I, « in ea
regula incedimus quam ecclesiae ab apostolis, apostoli a Christo, Chris-
tus a Deo tradidit. »; ORIGÈNE, De princ., IV, 2, 1 (P. G., 11, 357-358;
G. C. S., Orig., 22, 308), « Ceux qui tiennent le canon de l'Église céleste
de Jésus-Christ selon la succession des apôtres »; CYPRIEN, cf. VAN
DEN EYNDE, p. 244.
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8. U. GMELIN (Auctoritas. Römischer Princeps u. päpstlicher Primat,
dans Geistige Grundlagen römischer Kirchenpolitik, Stuttgart, 1936,
p. 83 s.) met en œuvre les textes cités de Tertullien. D'un autre
côté, G. L. PRESTIGE (op. cit., p. 17-19) note bien que, particulièrement
chez Irénée, paradosis connote toujours une idée d'authenticité (trans-
mission de la chose originale) et d'autorité (ce qu'on transmet a son
origine en Dieu). Ce que nous écrivons ici (avant d'avoir connu
cette thèse) assume la part de vérité qui se trouve dans les diverses
études de J. N. BAKHUIZEN VAN DEN BRINK (La Tradition dans l'Église
primitive et au XVIe siècle, dans R. H. P. R., 36 (1956), p. 271-281
et ét. citée infra, ch. III, sect. A, n. 12; comp. ch. IV, n. 5). Cet auteur
pense que catholiques et protestants pourraient se rencontrer en reve-
nant à ce qui représente, croit-il, la notion dogmatique ancienne de
tradition (où la notion de tradition théologique, c'est-à-dire intéressant
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