LES PÈRES ET L'ÉGLISE ANCIENNE
la croyance): la Tradition = la Révélation, sous la motion du Saint-
Esprit. Elle est relative à l'Écriture. On a eu le tort, au concile de Trente,
de bloquer avec cette tradition au sens théologique du mot, les tradi-
tions rituelles ou disciplinaires... Renvoyons ici à notre étude théolo-
gique et à la distinction, classique aujourd'hui, entre LA Tradition et
les traditions. Notons cependant que Bakhuizen van den Brink part
essentiellement de textes de Tertullien et de S. Cyprien. Or, ces auteurs,
le second surtout, ont, dans l'histoire, une position et un vocabulaire
particuliers: Cyprien limite l'emploi des mots traditio, tradere à la
première livraison par Dieu (le Christ), à l'exclusion de l'acte ecclésias-
tique de transmission. Mais Cyprien est ici assez isolé : pour Irénée, etc.,
le sujet de la paradosis est au contraire essentiellement l'Église...
9. Déjà dans le Nouveau Testament, par ex. Ac, 6, 14; 16, 4. Ou
chez S. JUSTIN: VAN DEN EYNDE, p. 52-53.
10. VAN DEN EYNDE, p. 282-283 (donne les références), p. 289.
Voici le texte de la Démonstr. : « Telle est la prédication de la vérité,
et c'est la règle de notre salut; c'est aussi la voie qui mène à la vie. Les
prophètes l'ont annoncée, le Christ l'a établie, les apôtres l'ont trans-
mise, partout l'Église l'offre à ses enfants. C'est en toute assurance
qu'il faut conserver (ce dépôt) » (n. 98; P. O., 12, p. 799; S. Ch., 62,
1959, p. 168).
II. VAN DEN EYNDE, p. 290, 212.
12. ID., p. 293; cf. p. 289-297; REFOULÉ, op. cit., p. 51-52.
13. De cibis judaicis, I comparé à 7 (éd. LANDGRAF-WEYMAN, p. 227,
239); VAN DEN EYNDE, p. 297-298.
14. VAN DEN EYNDE, p. 299-300 (référ.).
15. ID., p. 228, 230, 306. L'auteur étudie les textes d'ORIGÈNE un
par un; G. BARDY, La Règle de foi d'Origène, dans R. S. R., 9 (1919),
p. 162-196.
16. IRÉNÉE, A. H., III, 2, 2 et 3, 2 (P. G., 7, 847 et 848; S. Ch., 34,
p. 100 et 102). Comp. ORIGÈNE, De Princ., I, proem., 2: «Servetur vero
ecclesiastica praedicatio per successionis ordinem ab apostolis tradita
et usque ad praesens in ecclesiis permanens, illa sola credenda est
veritas quae in nullo ab ecclesiastica et apostolica traditione discordat »
(P. G., 11, 116; G. C. S., Orig., 5, p. 8; E. P., 443); In Mat. comm.,
ser. 46: «Sed nos... non debemus nec exire a prima et ecclesiastica tra-
ditione, nec aliter credere nisi quemadmodum per successionem eccle-
siae Dei traditerunt nobis » (P. G., 13, 1667 D).
17. VAN DEN EYNDE, p. 57-67. Comp. infra, n. 54.
18. IRÉNÉE, A. H., IV, 26, 2 et 4 (P. G., 7, 1053 et 1056; HARVEY II,
236 et 238). Pour CLÉMENT D'ALEXANDRIE il s'agit de succession des
maîtres: Strom., I, II, 3 : « Ces maîtres qui conservent la vraie tradi-
tion du bienheureux enseignement issu tout droit des saints Apôtres
Pierre, Jacques, Jean et Paul, transmis de père en fils, - mais peu de
fils sont à l'image des pères, sont arrivés jusqu'à nous, grâce à Dieu,
pour déposer en nous ces belles semences de leurs ancêtres et des
Apôtres » (trad. M. CASTER, S. Ch., 30, 1951, p. 52).
C
19. Même le charisma veritatis dont parle IRÉNÉE (A. H., IV, 26, 2 :
P. G., 7, 1055; HARVEY, II, p. 236) n'est pas, comme le croient et
veulent le faire croire un grand nombre d'apologistes, un charisme de
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