LA TRADITION ET LES TRADITIONS
magistère, mais le don spirituel et gracieux de la vérité fait par Dieu à
l'Église: VAN DEN EYNDE, p. 187.
Le reproche fait à Tertullien par J. K. STIRNIMANN (op. cit., n. 1),
de manquer du sens d'une autorité doctrinale, ne peut, croyons-nous,
être articulé formellement que dans une perspective théologique post-
nicéenne. Voir VAN DEN EYNDE, p. 291.
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20. Deux points mériteraient ici un traitement particulier : 1º la
question de la disciplina chez Tertullien et Cyprien, voir VAN DEN EYNDE
et les études spéciales (supra, n. 1); pour Tertullien, le dépôt aposto-
lique comporte la règle de foi, la règle de la discipline, la vérité et
l'interprétation des Écritures, enfin les traditions (VAN DEN EYNDE,
p. 198); 2º le rôle joué par l'exemple, par l'imitation de ce qu'on avait
vu faire, point déjà mis en lumière par F. KATTENBUSCH (Die Vorzug-
stellung des Petrus u. der Charakter der Urgemeinde zu Jerusalem, dans
Festgabe f. K. Müller, Tubingue, 1922, p. 322-351): les apôtres « waren
die Zeugen der Urhandlung (de l'eucharistie)... ». Comp. supra, p. 37 n. 24,
au sujet de la « tradition » des Églises des « saints »), puis, récemment,
par G. JOUASSARD, Pour une étude du sacerdoce au temps des Pères, dans
La Tradition sacerdotale, Le Puy, 1959, p. 109-125. Nous reviendrons
sur tout cela dans la partie constructive de notre étude. Comp. infra,p. III.
21. Ainsi en matière de jeûne et de date de Pâques, cf. IRÉNÉE,
frag. 3 (apud EUSEBE, H. E., V, 24, 12-17; et cf. P. G., 7, 1229 s.;
HARVEY, II, 473-477); voir VAN DEN EYNDE, p. 75, 160. Comp. ce qu'a
établi J. COLSON (L'Evêque dans les communautés primitives..., Paris,
1951) sur la différence entre communautés de type paulinien et commu-
nautés de type johannique. La formule de CYPRIEN est du concile
de 256: Sententiae episcoporum de haereticis baptizandis (HARTEL, I,
p. 435); comp. AUGUSTIN, De Baptismo, III, 3, 5 (P. L., 43, 141-142).
22. Nous y reviendrons dans l'étude théologique. Voir S. AMBROISE,
Epist., I, 20, 4, « dimissis catechumenis symbolum aliquibus competen-
tibus in baptisteriis tradebam basilicae »; S. GRÉGOIRE DE NYSSE dit :
« La doctrine de la vraie foi ressort clairement de la première tradition
(πρTη пαрádoσic) que nous recevons, conformément à l'indication
du Seigneur, dans le bain de la nouvelle naissance » (Epist., 24 : P. G.,
46, 1088 D); l'attestation de RUFIN, pour Rome, nous reporte au Ive siècle
(Com. in Symb., 3: P. L., 19, 339); l'Itinerarium Etheriae, c. 46: au
bout de cinq semaines de catéchèse biblique, « tunc accipient simbo-
lum »; au bout de la septième semaine du carême hiérosolymitain,
chacun des catéchumènes vient devant l'évêque, « et reddet simbolum
episcopo » (S. Ch., 21, 1948, p. 258); notre documentation devient
plus abondante avec S. Augustin, Sermones 212-215. Il y aurait lieu
d'évoquer aussi l'iconographie, fort répandue aux ive-ye siècles, du
Christ donnant la loi. Cf. P. DE PUNIET, art. Catéchuménat, dans
D. A. C. L., II, 2579-1621; A. STENZEL, Die Taufe. Eine genetische
Erklärung der Taufliturgie, Innsbruck, 1958, p. 175 s., 181.
23. Traces de l'arcane (BARDY, dans Catholicisme, I, col. 764), d'une
livraison des mystères (In libr. Jesu Nave, hom. 9, n. 4 : cf. D. A. C. L.,
col. 2583), d'une réception de la foi par le baptisé, qui la professe dans
son baptême (Comm. in Joan., X, 43 (27) 298 : éd. PREUSCHEN, p. 221).
24. TERTULLIEN, De spectaculis, 4, « aquam ingressi christianiam
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