LA TRADITION ET LES TRADITIONS
lique (foi) que le Seigneur a donnée, que les apôtres ont annoncée, que
les Pères ont conservée » (P. G., 26, 593; Ē. P., 782); S. CYRILLE
D'ALEX. : « Nous appelons sources du Sauveur les saints prophètes, les
évangélistes et les apôtres; tout remplis eux-mêmes du Saint-Esprit,
ils sont comme des rivières répandant en ce monde les eaux d'une
doctrine salutaire et qui vient du ciel; ils réjouissent la terre » (Ad
reginas de recta fide Or. altera; P. G., 76, 1337).
5. « Duplici modo munire fidem suam, Domino adiuvante, deberet :
primum scilicet divinae legis auctoritate, tum deinde ecclesiae catho-
licae traditione. » Commonit, c. 2 (P. L., 50, 639; E. P., 2168). Il ne
faut pas penser, du fait que Vincent se demande ensuite pourquoi, la
norme scripturaire étant parfaite, il est nécessaire d'y joindre l'«< eccle-
siasticae intelligentiae auctoritas », qu'Écriture et tradition seraient
pour lui comme deux sources de la foi. Le P. G. TAVARD écrit très
justement: «< (Vincent) souligne l'unité de l'Écriture et de la tradition:
celle-là est le contenu de celle-ci. La tradition est la forme dans laquelle
l'Écriture est reçue par les chrétiens des temps post-apostoliques. C'est
précisément parce que Novatien, Sabellius, Donat et d'autres ont
séparé l'une de l'autre, qu'ils ont perverti le sens de tout » (Holy Writ,
P. II).
6. Lettre aux empereurs: MANSI, XI, 233 (en grec) ou 234 (latin).
7. Références sans nombre. Par exemple, S. AUGUSTIN, De doctr.
christ., II, 9, 14, 42, 63 (P.L., 34, 42, 65 s.); cf. infra, p. 139s. Le thème
des emprunts faits à Moïse par la philosophie grecque est commun et
significatif. Comp. supra, sect. A, n. 52.
8. In Luc., VI, 33 (P. L., 15, 1763): sans doute une application du
thème origénien : l'essentiel est l'union au Verbe; les Écritures en sont
une forme ou un moyen, les sacrements, l'Église, une autre forme ou
un autre moyen.
9. Voir VAN DEN EYNDE, p. 215; ORIGÈNE, In Numer, hom. 22, 2
(BAEHRENS, p. 206).
10. Cf. SMULDERS, art. cité, p. 56; D. T. C., XV, 1280. Et cf. J. SALA-
VERRI, Il argumento de tradición patristica en la antigua Iglesia, dans
Rev. española de Teologia, 5 (1945), p. 107-119 (surtout à partir du
synode de C. P. de 383).
II. H. DU MANOIR, L'Argument patristique dans la controverse nes-
torienne, dans R. S. R., 25 (1935), P. 441-461, 531-559 (reprod. dans
Dogme et Spiritualité chez S. Cyrille d'Alex., Paris, 1944, p. 454-490);
J. MADOZ, El concilio de Efeso, ejemplo de argumentación patristica,
dans Estudios eclesiasticos, 1931, p. 305-308. Pour l'ensemble, cf.
TH. SCHERMANN, Die Geschichte d. dogmatischen Florilegien vom V.-
VIII. Jahr (T. U., 28), Leipzig, 1904.
12. Voir J. MADOZ, El florilegio patristico del II° Concilio de Sevilla,
dans Miscellamea Isidoriana..., Rome, 1936, p. 177-221; El Concilio de
Calcedonia en S. Isidoro de Sevilla, dans Rev. españ. de Teol., 12 (1952),
p. 189-204 (florilège d'origine africaine : Confessio verae fidei adv. tria
capitula).
13. Voir par exemple D nos 85, 86, 148, 212, 270-274, 290. Sur
l'appellation de « père » en général; J. FESSLER, Institutiones Patrologiae,
Innsbruck, 1890, t. I, p. 15-57; E. AMANN, art. Pères, dans D. T. C.,
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