LA TRADITION ET LES TRADITIONS
Sancti, anniversaria solemnitate celebrantur, et si quid aliud tale occur-
rit, quod servantur ab universa, quacumque se diffundit, Ecclesia. »
Epist., 54, I, ad Januarium, vers 400 (P. L., 33, 200; GOLDBACHER,
p. 159): texte repris dans le Décret de GRATIEN, C. II, D. XII, Illa
autem (FRIEDBERG, Col. 29-30).
24. Textes du De bapt., cités n. 19 et 20; Ep., 54 citée n. préc. On
trouve un critère analogue chez S. JÉRÔME, Dial. contra Lucifer., 8
(P. L., 23, 163; E. P., 1358): « Etiamsi Scripturae auctoritas non subes-
set (il s'agit de l'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit),
totius orbis in hanc partem consensus instar praecepti obtineret. Nam
et multa alia quae per traditionem in ecclesiis observantur, auctoritatem
sibi scriptae legis usurpaverunt » (vers 352). Comparer S. PROSPER
D'AQUITAINE, dans le fameux passage de l'Indiculus de S. CÉLESTIN Ier
où se trouve la formule « ut legem credenti statuat lex supplicandi » :
D. 139.
25. Il existe des croyances presque universelles dont il n'oserait dire,
ni qu'elles viennent sûrement des apôtres, ni qu'elles ne sont pas d'un
grand poids: ainsi qu'Adam fut délivré des enfers quand le Sauveur y
descendit (Epist., 164, 6, en 415; P. L., 33, 711); de même la prière
pour les morts, observée dans toute l'Église, mais dont S. Augustin ne
dit pas expressément qu'elle soit une tradition apostolique: il dit
simplement a patribus traditum (Sermo, 172, 2; P. L., 38, 936; De cura
promortuis ger., 1, 3 : 40, 593).
26. Comp. B. CAPELLE (Autorité de la liturgie chez les Pères, dans
R. T. A. M., 21 (1954), p.`5-22 : p. 20) : « Que cette origine (aposto-
lique) ait été trop facilement supposée et assez naïvement admise, voire
même parfois frauduleusement affirmée, c'est l'évidence. Cependant
tout n'était pas imaginaire dans cette persuasion. Il n'y a aucun doute,
par exemple, qu'un rituel élémentaire du baptême et de l'eucharistie
a dû nécessairement exister très tôt. On relève de substantielles coïn-
cidence entre les rituels archaïques de Rome, de Jérusalem, d'Antioche
et d'Alexandrie. En ce qui concerne la messe, en particulier : la lecture
de l'Évangile, la liaison de l'eucharistie à la réunion de prière, les
oraisons solennelles, le baiser de paix, le rôle des diacres, l'Amen du
peuple, l'envoi aux absents, sont autant de traits communs, étrangers
à l'Ecriture et aux usages juifs. On peut tenir pour probable qu'ils
viennent de l'organisation primitive du culte à Jérusalem. » (En note:
C. CALLEVAERT a défendu la thèse que l'institution du dimanche
remonterait aux apôtres: Sacris erudiri, Steenbrugge, 1940, p. 263-
303.)
27. « Proinde, quamvis hujus rei certe de Scripturis canonicis non
proferatur exemplum (validité du baptême, contre la thèse donatiste),
earumdem tamen Scripturarum etiam in hac re a nobis tenetur veritas,
cum hoc facimus quod universae jam placuit Ecclesiae, quam ipsarum
Scripturarum commendat auctoritas: ut quoniam sancta Scriptura
fallere non potest, quisquis falli metuit hujus obscuritate questionis,
eamdem ecclesiam de illa consulat, quam sine illa ambiguitate sancta
Scriptura demonstrat... » (Contra Cresconium, 33, 39 : P. L., 43, 466).
28. Sermo, 47 (9 de Quadrages), 1 (P. L., 54, 295); Sermo, 44, 2,
col. 286.
108
