LA TRADITION ET LES TRADITIONS
42. Le premier critère est celui de S. Augustin (supra, n. 20); Cano
l'applique au sous-diaconat et aux ordres mineurs, à la loi du jeûne, au
baptême des enfants, à la consécration des vierges, à la profession monas-
tique, à l'usage des lampes et des cierges dans les églises. Le second
critère est : un dogme de foi que les Pères ont toujours tenu d'un com-
mun accord et dont ils ont combattu la négation comme une hérésie :
perpétuelle virginité de Marie, descente du Christ aux enfers, nombre
des évangiles canoniques. Troisième critère une pratique reçue
communément dans l'Église et impossible à justifier par le recours à un
pouvoir humain : ainsi la dispense des vœux, l'annulation des ser-
ments, celle du mariage (non consommé) par la profession monastique.
Quatrième critère : un dogme ou un usage que les témoignages rap-
portent unanimement à la tradition des apôtres : culte des images,
symbole des apôtres, etc.
43. Liste reprise par Chemnitz, qui y ajoute quelques articles, éga-
lement polémiques; cf. P. POLMAN, L'Élément historique dans la Contro-
verse religieuse du XVIe siècle, Grembloux, 1932, p. 239.
44. Sess. V, c. 4 : D 791.
45. Sess. XIII, c. 8 : D 881.
46. Sess. XIV, c. 1 : D 908.
47. Sess. XXII, c. 2: D 940.
48. Brief Treatise setting forth diverses truth, Londres, 1547, cité
par G. TAVARD, Holy Writ, p. 215-216.
49. Il cite la célébration des fêtes, le signe de la croix, l'orientation
des églises, le baptême par immersion, le célibat, le jeûne, le mélange
d'eau avec le vin du calice: Confessio catholicae fidei... (Opera, Anvers,
1566), cité par POLMAN, op. cit., p. 308.
50. Catechismus major, n. 61 (Catechismi latini, éd. F. STREICHER,
1933, p. 19),
51. Controv., IV, 9.
52. Ainsi avait déjà fait, contre Wyclif, Thomas Netter (cf. TAVARD,
Holy Writ, p. 58 s.); ainsi fait, contre Luther, S. John Fischer (id.,
p. 143).
53. Tel semble bien être la position des conciles de Trente (sess. IV:
D 783) et du Vatican (sess. III, c. 2 : D 1787). Il est clair que la perpé-
tuelle virginité de Marie, la liste des écrits canoniques, ou le rite essen-
tiel des sacrements, sont des points d'intérêt dogmatique...
54. Cas, par exemple, de JACQUES ALMAIN (TAVARD, op. cit., p. 114-
115), HENRI VIII c'est-à-dire Thomas More (p. 132-133, 134-135),
GROPPER (p. 186). Moins affirmativement, CORNELIUS SNECANUS
(p. 135), le concile de Sens de 1528 (supra, n. 37).
55. Ambroise Catharin (TAVARD, op. cit., p. 183) et, au concile de
Trente même, Nacchianti (p. 198). Le P. Tavard (p. 139) et J. R. Gei-
selmann citent également en ce sens Driedo. Mais la position de celui-ci
est plus nuancée et J. Lodrioor conteste qu'on puisse l'invoquer en ce
sens (cf. infra, p. 280, n. 13).
56. Concilium Tridentinum, éd. Goerresges, t. I/I, p. 494-495.
57. S. Augustin croyait que la fête de l'Ascension était de tradition
apostolique; or, rien ne témoigne de son existence avant le Ive siècle
(cf. D. A. C. L., 1/2, col. 2936). S. Jean de Damas (Hom. II in Dormit.
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