LES PÈRES ET L'ÉGLISE ANCIENNE

B. M. V., n. 18; P. G. 96, 748), et le moyen âge après lui, en rappor-
tant la légende lancée par Denys, racontant la dormition et l'assomp-
tion de Marie, croyait toucher, par le Ps.-Aréopagite, à l'époque des
apôtres... Sauf peut-être celui d'Irénée et ceux qui parlent du baptême
des enfants, aucun témoignage des Pères n'a, croyons-nous, valeur de
témoignage historique sur une tradition apostolique particulière; nous
les invoquons pour leur valeur théologique touchant ce que l'Eglise
pense, en général, des traditions apostoliques non écrites.
58. Voir Appendice.
59. La Tradition apostolique d'Hippolyte, l'Ordonnance ecclésias-
tique égyptienne, la Didascalie des apôtres et les Canons ecclésiastiques
des saints apôtres, cf. VAN DEN EYNDE, p. 276-277. Bien significatif
est le titre des études publiées par TH. SCHERMAN, Die allgemeine
Kirchenordung, frühchristliche Liturgien u. Kirchliche Ueberlieferung
(St. z. Gesch. u. Kultur d. Altertums. Erg. Bd. 3), Paderborn, 1914-
1916.
60. Quelques indications seulement: 1° l'appel fait par S. Paul à
l'usage des premières communautés judéennes (« les Saints »), pour
des questions comme la tenue des femmes à l'église (cf. supra, p. 22).
2º Le rôle d'exemple normatif joué par les apôtres, qui avaient vu la
manière dont Jésus avait célébré la Cène, etc.: rôle souligné par
F. KATTEHBUSCH (Die Vorzugstellung des Petrus..., dans Festgabe
K. Müller, Tubingue, 1922, p. 347, n. 1) et dont on ne tient pas assez
compte. Il a dû être décisif, et déterminer une pratique qui a été
suivie et imitée d'âge en âge: cf. supra, p. 98, n. 20, G. JOUASSARD;
D. M. STANLEY, Become Imitators of me»: The Pauline conception of
Apostolic Tradition, dans Biblica, 40 (1959), p. 859-877. 3º Le fait
qu'on atteint, çà et là, dans le Nouveau Testament lui-même, des
traces de rituel. Ainsi O. CULLMANN (Traces d'une vieille formule
baptismale dans le N. T., dans R. H. P. R., 17 (1937), P. 424-434):
quand un converti se présentait au baptême, on s'enquérait de savoir
si aucun empêchement n'existait. 4º Dans la même ligne, F. J. DŒLGER
a montré (Das erste Gebet der Täuflinge in der Gemeinschaft der Brüder.
Ein Beitrag zu Tertullian De baptismo, 20, dans Ant. u. Christentum, 2
(1930), p. 142-145) que la récitation du Pater cum fratribus aussitôt
après le baptême avait chance de remonter aux apôtres. C. Callewaert
et B. Capelle (supra, n. 25) ont fait des suggestions analogues pour
d'autres points de liturgie eucharistique. 5º Les trouvailles de Qumrân
d'une part, bien des études exégétiques d'autre part (celles, par exemple,
d'Eth. Stauffer), enfin les recherches actuellement très poussées sur
les rapports entre liturgie chrétienne et liturgie juive donnent une
chance de plus en plus sérieuse à l'origine judéenne, donc d'époque
apostolique, d'un bon nombre de pratiques chrétiennes. 6º Les der-
nières études parues sur la Didachè la restituent à l'époque apostolique:
J.-P. AUDET, La Didache. Instructions des apôtres (Et. bibl.), Paris, 1958
(entre 50 et 70, à Antioche); A. ADAM, Erwägungen zur Herkunft der
Didache, dans Z. f. Kirchengesch., 68 (1957), p. 1-47 (à Pella, avant
l'épître de Jude).
61. Cf. infra, ch. V; TAVARD, Holy Writ, p. 208; même E. MANGE-
NOT, art. Écriture, dans D. T. C., t. IV, col. 2097...
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