LA TRADITION ET LES TRADITIONS
62. Ainsi : M. DOBMAYER, Systema Theol. cath., t. 4, 1811, § 57,
p. 95 (cité par J. R. GEISELMANN, Mündl. Ueberlief., p. 187); J. KUHN,
art. de la T. Q., 1858, et 2e éd. de sa Dogmatik, 1859 (ibid., p. 204);
J. H. NEWMAN, An Essay on the Development of Christian Doctrine,
éd. de 1878, ch. 4, § 4, n. 4 : « Les écrivains post-tridentins récents ne
nient pas, que je sache, que toute la foi catholique peut être prouvée
par l'Écriture, bien qu'ils maintiennent certainement qu'elle ne peut
être trouvée à la surface de celle-ci, ni dans un sens scripturaire qui
pourrait être atteint dans l'Écriture sans le secours de la Tradition »>;
M. SCHMAUS, Dogmatik, t. I, § 19 (4° éd., 1948, p. 129); J. R. GEISEL-
MANN, op. cit.; K. RAHNER, Ueber die Schriftinspiration (Quaest. disput.,
1), Freiburg, 1958, p. 83-84; J. MURPHY, cité supra (n. 40), p. 3.
P.-A. LIÉGÉ, dans Initiation théologique, Paris, 1952, t. I, p. 28;
A.-M. DUBARLE. Ibid., p. 80 et R. S. R., 39 (1951), p. 50-51; O. SEM-
MELROTH, Die hl. Schrift als Glaubensquelle, dans Stimmen der Zeit, 161
(1958), p. 42-44; J. RATZINGER, Offenbarung, Schrift, Ueberlieferung,
dans Trierer Theol. Zeitsch., 67 (1958), p. 13-27.
63. Voir par exemple S. IRÉNÉE, A. H., III, 3, 1 (P. G. 7, 848;
S. Čh., 34, 1952, p. 100-103 et p. 47); IV, 26, 2 (1053 C); TERTULLIEN,
Praescr., 22-26.
64. Notons ici que les récentes déclarations dogmatiques (Immacu-
lée Conception; Primauté et infaillibilité papales; Assomption de la
Vierge Marie, cf. la const. Munificentissimus) ne définissent pas ces
dogmes indépendamment de l'Écriture; elles disent que ce dogme sort
de l'Écriture ou y a son fondement.
65. S. Thomas d'Aquin, dont la pensée et l'expression sont si luci-
dement conscientes de leurs démarches, parle, à propos, des traditions
apostoliques orales, de familirias instinctus, familiaris traditio. Cela vise
une instruction directe et intime, mais aussi un ordre de choses plus
semblable à celui de l'éducation familiale qu'à celui d'une doctrina
collective et publique. Cf. notre étude citée infra, ch. III, n. 1. Ajou-
tons que les révélations privées sont, elles aussi, relatives à la conduite
pratique de l'Église, des familles religieuses ou des âmes, non à la
constitution du dépôt des vérités de la foi.
NOTES DU CHAPITRE II, SECTION D
1. C'est la considération qui revient chez les Pères les plus anciens.
Cf. VAN DEN EYNDE, p. 109-131.
2. Voici quelques références significatives selon ce qui nous paraît
être l'enchaînement logique de cette grande synthèse patristique et
médiévale :
a) Dieu a tout fait avec ordre, nombre, mesure et sagesse: Sg, II,
20; Is, 28, 17; 40, 12; fb, 28, 25; 31, 16; Dn, 5, 27. Il existe une
harmonie entre les divers moments de son œuvre (S. AUGUSTIN, De
Civ. Dei, XI, 30 et XII, 19 (P. L., 41, 344, 368); S. ISIDORE, Orig.
(Etym.), III, 4, I; S. BERNARD, De div. serm., 76, 1; S. BONAVENTURE,
Breviloq., prol., 2, 4). Évidemment, dans le climat antique, rôle de
la conviction stoïcienne d'une présence universelle de Raison_(cf.
M. SPANNEUT, Le Stoïcisme des Pères de l'Église de Clément de Rome
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