LES PÈRES ET L'ÉGLISE ANCIENNE
à Clément d'Alexandrie, Paris, 1957). L'œuvre de Dieu est cohérente; elle
porte d'un bout à l'autre un reflet de son visage et contient une certaine
présence de son Verbe ou Sagesse. Cf. H. DE LUBAC, Histoire et Esprit.
L'intelligence de l'Écriture d'après Origène (Théologie, 16), Paris, 1950.
b) La nature et l'âme sont comme un livre où l'homme devrait lire
cette présence. Le thème du livre de la nature était un topos classique
(E. R. CURTIUS, Schrift u. Buchmetaphorik in der Weltliteratur, dans
Deutsche Vierteljahr., 20 (1942), p. 359-411; La Littérature européenne
et le moyen âge latin. Trad. fr. BREJOUX, Paris, 1956, p. 390 s.; K. GRUN-
DER, Figur und Geschichte. J. G. Hamanns 'Biblische Betrachtungen',
Freiburg, 1958, p. 160 s.; E. GARIN, Il libro come simbolo, dans Ūma-
nesimo e Simbolismo, Padoue, 1958, p. 51 s.). Le livre de l'âme : « Comme
dans un microcosme, c'est en toi que tu verras l'empreinte de la sagesse
divine» (S. BASILE, Hom. in Deuter., 15, 9: Пpóσε×η σεauтã : P. G.,
31, 213 D-16 A). Accès à la connaissance de Dieu à partir des
deux livres de la nature et de l'âme ou de l'expérience (E. GILSON,
L'Esprit de la Philos. médiévale, ch. XI et XII), Le monde, dit ORI-
GÈNE, est eixovxóc (Frag. in Joan 6 ( G. C. S., p. 488, 13-14); frag.
in Prov. (P. G., 17, 153 B). Cf. M. HARL, op. cit. (sect. A, n. 52), p. 142);
on lit Dieu dans la nature (S. ANTOINE, Verba seniorum, VI, 4, 16
(P. L., 73, 1018); S. AUGUSTIN, Confess., VII, 17, 23; IX, 10, 24
(vision d'Ostie); XIII, 34, 49 (P. L., 32, 745, 774, 867);_De_Trin.,
II, I (43, 845); En. in Ps. 45, 7 (36, 518). Pour le XIIe siècle, M. D. CHENU,
La Théologie au XIIe siècle, Paris, 1957, p. 170; H. DE LUBAC, Sur les
chemins de Dieu, Paris, 1956, p. 296, n. 7. Même S. BERNARD..., De
diversis, sermo, IX, I. Au XIIIe siècle, S. BONAVENTURE, Breviloq., II, 12,
et en de très nombreux endroits (cf. K. FOSTER, Liber vitae bei Bona-
ventura..., dans Theologie in Gesch. u. Gegenwart. Festg. M. Schmaus,
Munich, 1957, p. 397-414); S. THOMAS, In I Sent., d. 27, q. 2, a. 2,
qa 2, ad 3; De Ver., q. 4, a. 2; Com. in Rom., c. 1, lect. 6; in 1 Co, c. 1,
lect. 3; in Hebr., c. 1; Sum. theol., I, q. 45, a. 7; III, q. 12, a. 3, ad 2.
c) Mais l'homme a lui-même, par le péché, perdu la ressemblance
de Dieu; en lieu que Dieu lui soit familier, l'homme devenu charnel
le fuit, l'ignore, ou pervertit son image. Aussi le sens théologal des
choses doit-il lui être rendu du dehors, comme la santé est rendue du
dehors à un malade par un remède. Le sens divin du livre de la nature
est rendu par le livre de l'Écriture et par Jésus-Christ, Serviteur par
amour, qui est lui-même tout le contenu et le sens de ce livre. ORI-
GÈNE écrit : « Les champs sont déjà blancs, prêts pour la moisson,
lorsque le Logos de Dieu est là, ouvrant et éclairant tous les champs
de l'Écriture, qui est pleine de sa présence. Peut-être aussi toutes choses
sont-elles des champs déjà blancs, prêts pour la moisson, pour ceux
qui lèvent les yeux. A ceux-là, le Logos de chaque chose se manifeste »
(In Joan. t. 13, 12, éd. PREUSCHEN, G. C. S., 10, p. 267-268); S. AUGUS-
TIN: le monde est plein du Verbe mais l'homme ne pouvait l'y lire.
Aussi Dieu y apporte le remède en prenant lui-même la forme du mal,
la mortalité; il a envoyé ses prophètes et apôtres dans une chair mor-
telle, dans des paroles humaines mortelles, mais, par cette mort, ils
ont rempli le monde et éclairé la présence du Verbe partout: En. in
Ps. 103, sermo 1, 8 (P. L., 37; 1341-1342); Ps. 8, 7-8 (36, 111-112);
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