LA TRADITION ET LES TRADITIONS
HUGUES DE SAINT-VICTOR, De Arca Noe morali, IV, 5 ( P. L., 175,
670); Hortus deliciarum (cf. public. de J. WALTER, Strasbourg, 1952);
S. BONAVENTURE, Hexaemeron, XIII, 12 (voir, E. EILERS, Gottes Wort.
Eine Theologie der Predigt nach Bonaventura, Freiburg, 1941; W. DETT-
LOFF, « Christus tenens medium in omnibus ». Sinn und Funktion der
Theologie bei Bonaventura, dans Wissenschaft u. Weisheit, 20 (1957),
p. 28-43, 120-140; G. TAVARD, Transiensy and Permanence. The Nature
of Theology according to Bonaventura, New York, 1954); GILLES DE
ROME, In I Sent., prol. (éd. Venise, 1482, fol. B 1b); DURAND DE SAINT-
POURÇAIN, In I Sent., praef. (éd. Paris, 1515, fol. 1. Cf. P. DE VOOGHT,
Les Sources, p. 63-64). Le christianisme ancien a aussi volontiers
développé ce thème : l'homme et le monde sont «logiques » (c'est-à-
dire capables du logos, habités par le logos), mais l'homme est devenu
charnel, animal: comme un troupeau sans intelligence, il retrouve le
sens des choses en suivant le logos, son Berger. Cf. J. QUASTEN, Der
Gute Hirt in hellenischer und frühchristlicher Logostheologie dans Heilige
Ueberlieferung (Festg. I. Herwegen), Munster, 1938, p. 51-58.
d) Ainsi la Bible est-elle nécessaire pour comprendre le livre du
monde (et le livre de l'âme ou de la vie); mais, de son côté, la connais-
sance du livre du monde et du livre de l'âme permet de pénétrer tout
le détail (toujours christofinalisé) du livre de l'Écriture. Le fidèle qui
veut retrouver complètement l'image de Dieu, sa Révélation, doit
s'exercer, dans une vie indissolublement intellectuelle et ascétique
(« gnostique »), à une sorte de va-et-vient de l'un à l'autre, la connais-
sance de la Bible étant finalement souveraine. De là le programme qu'on
trouve chez S. Augustin, chez Cassiodore, chez Isidore, chez Raban
Maur, dans le monachisme, chez les Victorins, et où l'étude des Arts
est liée à celle de l'Écriture et à la contemplation religieuse.
3. Sens du refus barthien de l'analogia entis, l'homme naturel n'est
pas simplement un malade, il est mort (voir H. BOUILLARD, Karl Barth,
3 vol. (Théologie, 38-40), Paris, 1957). On comparera, en moins philo-
sophiquement construit, H. VOGEL, Christologie, I, Munich, 1949;
Gott in Christo..., Berlin, 1951 (cf. R. S. P. T., 38 (1954), p. 164-166).
LUTHER, en sa période catholique, admettait encore que omnis
creatura visibilis est parabola et plena mystica eruditione, secundum
quod Sapientia Dei disponit omnia suaviter... omnisque creatura Dei
verbum est Dei. Ergo creaturas inspicere oportet tanquam locutiones
Dei » (Dict. sup. Psalt., ps. 77 (1513-1514), Weimar, III, p. 560-561).
4. Cf. L. CERFAUX, Simples réflexions à propos de l'exégèse apostolique,
dans E. T. L., 25 (1949), p. 565-576 (= Recueil, t. II, p. 189-203);
A. GÉLIN, Comment le peuple d'Israël lisant PA. T., et L. CERFAUX,
L'Éxégèse de l'A. T. par le Ñ. T., dans L'Ancien Testament et les Chré-
tiens (Rencontres, 36), Paris, 1951, p. 117-131 et 132-148 (Recueil, t. II,
p. 205-217); C. H. DODD, The Old Testament in the New, Londres,
1952; According to the Scriptures. The Substructure of the New Testa
ment Theology, Londres, 1953; J. DUPONT, L'Utilisation apologétique
de PA. T. dans les discours des Actes, dans E. T. L., 29 (1953), p. 289-
327; KR. STENDAHL, The School of St. Matthew and its use of the Old
Testament (Acta Seminarii Neotest. Upsal, 20), Upsal, 1954; J. CAM-
BIER, Les Images de l'A. T. dans l'Apocalypse de S. Jean, dans N. R. T.,
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