LES PÈRES ET L'ÉGLISE ANCIENNE
Bien des exégètes admettent qu'il n'y a pas lieu de chercher un verset
particulier de l'Ancien Testament qui réponde à Lc, 24, 46: ainsi
DODD, According..., p. 76 et 88-102; le P. LAGRANGE (Ev. de S. Luc,
p. 615), qui écrit: «Dans cette déclaration du sens général de l'Écri-
ture, il n'y a pas à chercher si elle prédit précisément la résurrection
le troisième jour, du moins d'une façon littérale précise; yéyPaπTαια
le sens d'une ordonnance divine, d'un conseil divin, comme ont compris
les mss ou versions qui ont ajouté έδει ou même remplacé γέγραπται
par ἔδει. »
On peut noter qu'un bon nombre de ces faits se trouvent dans l'ico-
nographie chrétienne la plus ancienne : déluge et arche, sacrifice d'Isaac,
Jonas, Daniel, les trois enfants, Suzanne. Ils appartenaient à la caté-
chèse traditionnelle.
16. Voir par exemple S. AMBROISE, In Ps., 40 (P. L., 14, 239 : ouvrir
le sens des Écritures
« aperire sacramentum suae passionis »);
S. GRÉGOIRE, In Ezech, lib. II, hom. 4, 19 (P. L., 76, 984 A); RUPERT
DE DEUTZ, De S. Trin. et operibus eins, pars III, lib. I, c. 31 (P. L.,
167, 1604); S. BERNARD, De Diversis sermo 57,2 (183, 681 C); S. BONA-
VENTURE, Feria sexta in Parasceve sermo 2 (Opera, IX, p. 265b); S. ALBERT
LE GRAND voit dans la Croix la clef avec laquelle le nouveau et vrai
David ouvre les Écritures (In apoc., 3, 7; BORGNET, XXXVIII, 533).
Cf. aussi le thème expliquant « velum templicis sum est» (lors de la
mort du Christ) = les mystères ont été révélés: par exemple S. AUGUS-
TIN, Sermo, 352, 1, 6 (P. L., 39, 1555), et cf. H. DE LUBAC, Catholi-
cisme, Paris, 1938, p. 130, n. 3 et 4.
17. Op. cit., p. 330.
18. Par exemple, WESTCOTT, op. cit., p. 481: «The use which the
author makes of Holy Scriptures is... not dialectic or rhetorical but
interpretative. The quotations are not brought forward in order to
prove anything, but to indicate the correspondence which exists bet-
ween the several stages in the fulfilment of the Divine purpose from
age to age. » Le cas de l'épître aux Hébreux est particulier Westcott
rapproche sa manière de se référer à l'Écriture de celle de Clément ou
de l'épître dite de Barnabé. Mais J. A. T. ROBINSON écrit, d'une façon
tout à fait générale : « It is besoming recognised that the function and
purpose of Sciptural quotation by the N. T. authors was not simply to
provide snappily convincing prooftexts. It was much more to expose
the profound harmony of the events that had witnessed in these latter
days with certain " typical " dealings of Yahweh with His people in the
past and to demonstrate their authenticity as saving acts of God by
their congruity with what was already known of the peculiar characte-
ristics of His working. There was a certain divine pattern which, like a
watermark, they believed could be detected repeating itself in any
genuine piece of Heilsgescnichte » (Theology, Oct. 19-48, p. 373).
19. Traces d'une vieille formule baptismale dans le N. T.,
R. H. P. R., 17 (1937), p. 424-434 (p. 431); Urchristentum u. Gottes-
dienst, Bâle, 1944, p. 85 s.
20. Voir De baptismo, 18, 5 (P. L., I, 1221; KIRCH, 197).
dans
21. De baptismo, 2, 7-8 (P. L., 182, 1035 s.); Epist., 241, I (col. 434);
In Dominica Palmar. Sermo, 1, 3 (183, 255).
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