LA TRADITION ET LES TRADITIONS
insertae nec ex solis eis possint necessario argumento concludi. Ter-
tium est earum quas in fide dignis chronicis et historiis, relationibus
fidelium invenimus. Quartum est earum quae ex veritatibus primi
generis et secundi tantummodo, vel quae ex eis vel alterius earum
una cum veritatibus tertii generis possunt manifeste concludi. Quin-
tum est earum quas Deus praeter veritates revelatas apostolis, aliis
revelavit vel etiam inspiravit 33.
Cette élaboration des veritates catholicae a été très largement
reprise après Occam : par Henri Totting de Oyta († 1397) 34,
dont on a d'ailleurs montré qu'il copie largement Occam 35,
puis Gerson 36, Jean Courtecuisse († 1423) 37, Jean de Turre-
cremata 38, Gabriel Biel 39... Ce n'est pas qu'elle eût une grande
valeur théologique : au point de vue des distinctions formelles,
elle est en retard sur les commencements de discernements des
plans qu'on trouve chez un S. Thomas. Cependant, elle n'eût
pas survécu à l'épisode occamiste si elle n'avait, à sa manière et
à son plan purement logiques, répondu à deux grandes questions
que le moyen âge se posait, ou du moins pressentait, sans avoir
encore la chance de les pouvoir résoudre : 1º Qu'est-ce qui est
« règle » de la croyance? La pensée oscille entre la considération
privilégiée des règles objectives et celle de l'Église comme règle.
S. Thomas réserverait le titre de regula en son sens absolu, à la
doctrina de Dieu se révélant par les prophètes et les apôtres 40.
Occam s'est appliqué à subordonner strictement « l'Église » aux
sources objectives de sa foi 41. Mais on ne pouvait, sans tourner
le dos à toute la tradition catholique, refuser à l'Église une
certaine qualité de règle de foi : et ceci d'autant moins, au
moyen âge, qu'on ne mettait pas en question le caractère nor-
matif et obligatoire des déterminations portées par elle. Cepen-
dant, que fallait-il entendre par « Église »? Le pape? Le concile?
C'est ce que fera Gerson. L'ensemble des docteurs? Autant de
points sur lesquels, ni la doctrine n'était tirée au clair, ni les
théologiens n'étaient d'accord.
2º Comment préciser le rapport du « plus » de ce que l'Église
tient, et tient comme normatif, au-delà du scripturairement attesté?
Le moyen âge a peu de sens historique, sa documentation est
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