EXCURSUS A
LA SUFFISANCE DES ÉCRITURES
D'APRÈS LES PÈRES
ET LES THÉOLOGIENS MÉDIÉVAUX
CHEZ LES PÈRES.
Le P. D. Van den Eynde résume ainsi la position des Pères anté-
nicéens : « Les Pères font dériver du Nouveau et même de l'Ancien
Testament toute la doctrine proprement dite de l'Église, tous les
points qui sont compris dans ce qu'ils appellent « la règle de la vérité »
ou «< la prédication des apôtres ». Certes, IRÉNÉE invoque souvent en
faveur de la foi ecclésiastique les paroles des presbytres ou anciens.
Mais elles lui servent à confirmer, non pas à compléter les vérités
scripturaires : lui-même le fait habituellement remarquer. Irénée et
Tertullien ne veulent même pas que la gnose dépasse jamais les
Écritures. Clément d'Alexandrie et Origène ne sont pas de cet avis.
(... Mais) Origène, qui s'accorde avec Clément pour admettre une
science << suprascripturaire », n'en fait nulle part l'objet d'une tradi-
tion » (Op. cit., p. 274-275). De fait, « pour TERTULLIEN, par exemple,
une doctrine est fausse par le fait même que les Écritures n'en parlent
pas (Adv. Hermog., 22, éd. KROYMANN, 151): « Adoro scripturae ple-
nitudinem, qua mihi et factorem manifestat et facta... An autem de
aliqua subiacenti materia facta sint omnia, nusquam adhuc legi.
Scriptum esse doceat Hermogenis officina. Si non est scriptum,
timeat vae illud adicientibus au detrahentibus destinatum » (De
carne Christi, 6, ŒHLER, 901-902) : « Si non probant, quia nec scrip-
tum est... Sed nihil de hoc constat, quia scriptura non exhibet »
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