LE MOYEN AGE
foi chrétienne de l'intégrité des saintes lettres... » (VAN DEN EYNDE,
p. 125.)
<< Plus encore que les Occidentaux, s'il est possible, les Alexan-
drins ont fortement mis en relief l'absolue autorité des Écritures
(VAN DEN EYNDE, p. 125 s.). CLÉMENT se propose d'édifier sur << les
Écritures divines » une gnose ecclésiastique. (...) L'Écriture ou voix
du Seigneur est donc la source de toute vérité sur Dieu et sur les
choses divines, et le seul critère qui permet de faire le départ entre
l'hérésie et la vérité... » (p. 126-127).
Pour ORIGÈNE, Jésus-Christ est LA vérité; on trouve cette vérité
dans les paroles des prophètes, de Jésus lui-même et de ses apôtres,
c'est-à-dire dans les Écritures: De Principiis, I, praef., I et IV, 14
(P. G., II, 115 et 372-373; KŒTSCHAU, p. 7-8 et 318 s.). Réagissant
contre ceux qui réclament une troisième Écriture après celle des
deux Testaments, il glose ainsi un passage du Lévitique où Israël est
invité à manger le sacrifice en deux jours et à brûler les restes le troi-
sième jour : « In hoc biduo puto et testamenta posse intelligi, in
quibus liceat omne verbum quod ad Deum pertinet... requiri et
discuti; atque ex ipsis omnem rerum scientiam capi; si quid autem
superfuerit, quod non divina Scriptura decernat, nullam aliam ter-
tiam Scripturam debere ad auctoritatem scientiae suscipi... » (In
Levit., hom. V, n. 9; P. G., 12, 460. Et voir VAN DEN EYNDE, p. 128-
129.) Voir encore un fragment de l'Hom., 21, 2 in Jeremiam, conservé
par la Philocalie : G. C. S., Origenes Werke, 3, éd. KLOSTERMANN,
P. 195-196.
Les Pères anciens ne réservaient pas cette omniscience de l'Écri-
ture aux seules vérités salutaires. On sait que, depuis les apologistes,
ils ont aimé développer le thème des larcins des philosophes païens
(voir VAN DEN EYNDE, p. 110, et ARNOU, art. Platonisme des Pères,
dans D. T. C., t. XII, col. 2294).
« Dans tous ses écrits, CYPRIEN se munit des magisteria divina et
dominica ou de l' « autorité », de « la foi » et de « la vérité des Écri-
tures ». Car << c'est peu de chose, pense-t-il, de ranimer le peuple de
Dieu par la trompette de notre parole, si nous n'affermissons pas la
foi des croyants et leur vertu, consacrée et vouée à Dieu, par la lecture
divine ». Son collègue Denys d'Alexandrie a une telle vénération pour
la parole de Dieu qu'il refuse d'employer le terme homoousios, parce
qu'il ne l'a pu trouver dans les saintes Écritures » (Elenchus, 4, éd.
FELTOE, 188-189). (VAN DEN EYNDE, p. 129-130.)
S. ATHANASE (v. 318): « Les Écritures saintes et inspirées suffisent
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