LA TRADITION ET LES TRADITIONS
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à la défense de la vérité » (Orat. I contra Gent., n. 1; P. G., 25, 4 A).
Mais il ne sépare pas ces Écritures des « bienheureux docteurs ».
S. JEAN CHRYSOSTOME: « N'attends pas d'autre maître, tu pos-
sèdes la Parole de Dieu; nul ne t'instruira comme elle » (In Epist. ad.
Col., hom. 9, 1; P. G., 62, 361); « Tout est clair et droit dans les
divines Écritures, elles nous font connaître tout ce qui est néces-
saire » (In Epist. 2 ad Thess., hom. 3, 4: 62, 485); si l'on veut connaître
la vérité sur quelque point, il faut consulter les Écritures: In Ep. 2 ad
Cor., 13, 4 (61, 497).
S. CYRILLE DE JÉRUSALEM (v. 348), dit, dans sa Catech., IV De Spi-
ritu Sancto, n. 17: « La certitude de notre foi ne dépend pas de rai-
sonnements inventés à plaisir, mais de la démonstration_tirée des
Écritures », «< Rien ne doit être enseigné dans les saintes Écritures >>
(P. G., 33, 476–477).
Le commentaire de S. JEROME sur Isaïe est le plus considérable
qu'il ait écrit. Il est entièrement christologique (pour lui, science du
Christ et science des Écritures s'identifient : « Ignoratio Scriptura-
rum, ignoratio Christi est » In Is., prol.; P. L., 24, 17 B). Il écrit :
<<< Quid loquar de physica, ethica et logica? Quidquid sanctarum est
Scripturarum, quidquid potest humana lingua proferre, et mortalium
sensus accipere, isto volumine continetur » (suit une citation d'Is, 24,
11-12), col. 18 B-19 A.
THEOPHILE D'ALEXANDRIE écrit, dans sa lettre pascale de 401 :
<< Cela procéderait d'une inspiration démoniaque de suivre les excogita-
tions de l'esprit humain et de penser qu'il y ait quelque chose de
divin en dehors de l'autorité des Écritures » (Inter op. de S. JEROME,
Epist., 96, 6; P. L., 22, 778).
S. CYRILLE D'ALEXANDRIE, commentant Jn, 21, 25, écrit : « Tout ce
que le Seigneur a fait n'a pas été écrit, mais seulement ce qu'on a
estimé suffire, soit au point de vue des mœurs, soit au point de vue
des dogmes, pour que nous parvenions, brillants d'œuvres et de
vertus, à la Cité d'en haut, et que nous soyons réunis à l'Église des
Premiers-nés »> (In Joan..., lib. XII; P. G., 74, 756). Le même S. Cyrille
demande, dans ses Glaphyres sur la Genèse (lib. II, n. 2; P. G., 69,
53 C): « Comment pourrons-nous prouver et certifier comme vrai
quelque chose que la sainte Écriture n'atteste pas? >>
S. AUGUSTIN son De doctrina christiana (P. L., 34, 15-122) est
essentiellement une théorie de l'explication des saintes Écritures.
Celles-ci contiennent toute vérité « Quidquid homo extra (div.
Script.) didicerit, si noxium est, ibi damnatur; si utile est, ibi inve-
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