LE MOYEN AGE
nitur » (II, 42, 63, col. 65 s.); « In eis enim quae aperte in Scripturis
posita sunt inveniuntur illa omnia, quae continent fidem, moresque
vivendi, spem scilicet atque charitatem » (II, 9, 14, col. 42). Comp.
Epist., 137, 5 (33, 524); De Civ. Dei, XIX, 18 (41, 646), et voir
H. I. MARROU, Saint Augustin et la fin de la culture antique, Paris,
1938, p. 381, n. 1; 403 et n. 1; 469 s.
S. VINCENT DE LÉRINS, en 434, propose deux moyens (à employer
concurremment) pour affermir sa foi, « primum scilicet divinae legis
auctoritate, tum deinde ecclesiae catholicae traditione »; et il entend
cette objection: « Cum sit perfectus scripturarum canon sibique ad
omnia satis superque sufficiat, quid opus est ut ei ecclesiasticae intel-
ligentiae iungatur auctoritas? » Il répond à la question, mais ne nie
pas la suffisance des Écritures au point de vue de la contenance
objective des vérités à croire : Commonit., 2 (Pl., 50, 640).
S. GRÉGOIRE († 604), qui recherche essentiellement l'édification,
témoigne que l'Écriture apporte une réponse à toutes les questions, à
tous les besoins: Moral. in Job, XXIII, 19, 34 (P. L., 76, 271 C, D).
Très nombreux textes analogues chez tous les spirituels. S. Grégoire
écrit aussi : « Quamvis omnem scientiam atque doctrinam Scriptura
sacra sine aliqua comparatione transcendat, ut taceam quod vera
praedicat, quod ad cœlestem patriam vocat »> (Moral. in Job, XX, 1,
76, 135). La sainte Écriture était pour lui, purement et simplement,
la nourriture de l'intelligence chrétienne.
AU MOYEN AGE.
A l'époque carolingienne, RABAN MAUR écrit : « Fundamentum,
status et perfectio prudentiae, scientia est Scripturarum », car « quid-
quid vera a quocumque reperitur, a veritate verum esse per ipsam
veritatem dignoscitur ». Toute vérité est de Dieu; on ne la connaîtra
toute que quand Dieu sera glorifié. Cela commence ici-bas par la
révélation des Écritures: De cleric. inst., III, 2 (P. L., 107, 379–380).
JEAN SCOT ÉRIGÈNE a, le premier, tenté de donner une interpréta-
tion métaphysique de la foi chrétienne; au point qu'on l'a accusé de
rationalisme. Cependant, il adresse au Christ une prière vraiment
chrétienne : Jésus suffit à tout, et on le trouve dans les Écritures :
De devis. naturae, lib. V (P. L., 122, 1010).
Pour les hommes du moyen âge, toute connaissance vient de la
sainte Écriture, parce que celle-ci contient ce que Dieu lui-même
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