LE MOYEN AGE
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faits au-delà des faits eux-mêmes (P. L., 40, 1143-1144). Les hommes
du moyen âge n'étaient pas en peine pour trouver tout dans l'Écriture.
Leurs principes d'exégèse leur en donnaient les moyens. Voir les
travaux des PP. Chenu, H. de Lubac, C. Spicq, de Mlle B. Smalley, etc.
Pour ANSELME DE LAON, l'Évangile et « source et norme de toute
la foi » (Enarr. in Apoc.; P. L., 162, 1531). RUPERT DE DEUTZ abonde
en déclarations de ce genre: «Cherchons la sagesse, consultons
l'Écriture sainte elle-même, hors de quoi on ne peut rien trouver,
rien dire de solide ni de certain » (In Apoc.; P. L., 169, 1085; comp.
1203, 1493: cité par C. SPICQ, Esquisse d'une hist. de l'exégèse latine
au moyen âge, Paris, 1944, p. 65). (Voir aussi M. MAGRASSI, Teologia
e Storia nel pensiero di Ruperto di Deutz, Rome, 1959, p. 66 s.).
« Tout ce que Dieu dit ou promet dans les saintes Écritures se trouve
renfermé dans le Symbole... aussi tout ce qui est en dehors de la
règle des saintes Écritures, on ne peut en exiger la croyance d'un
catholique » (De Omnipotentia Dei, 27; P. L., 170, 477-478). Le
P. SPICQ (op. cit., p. 65-66) cite d'autres textes analogues d'Arnaud
de Bonneval et d'Honorius Augustodunensis.
HUGUES DE SAINT-VICTOR, De sacramentis, prol., c. 7: « Scripturae
Patrem in corpore textus non computantur, quia non aliud adjiciunt,
sed idipsum quod in supra dictis (Scripturis) continetur explanando
et latius manifestiusque tractando extendunt» (P. L., 176, 186 D);
« Solum hoc quod legimus (dans la Bible) credere sine dubitatione
debemus » (lib. I, pars 2, c. 18 : col. 200 C).
Un anonyme du début du XIIIe siècle publié sous le nom d'Anselme
de Laon, écrit : « Per hoc signatur nobis Evangelium, quod est fons
et summa totius fidei nostrae » (Enn. in Apoc., c. 8; P. L., 162, 1531).
ROGER BACON écrit, en 1267, non sans une pointe d'humeur contre
le succès de nouveaux maîtres, qui donnent une grande place à la
philosophie : « Tota sapientia utilis homini continetur in sacris litte-
ris, licet non totaliter explicatur... » (Opus tertium, éd. BREWER, p. 81.)
S. BONAVENTURE, Breviloquium, prol. (Quart., V, 201); De reduc-
tione art. ad theol., 7 (Quart., V, 322) : « Et sicut omnes illae ab una
luce habebant originem, sic omnes istae cognitiones sacrae Scripturae
ordinantur, in ea clauduntur et in illa perficiuntur, et mediante illa ad
aeternam illuminationem ordinantur. Unde omnis nostra cognitio in
cognitione sacrae Scripturae debet habere statum... » ; Com. in Luc.,
c. 19, n. 28 (VII, 224): toute la doctrine chrétienne doit être prise
<< ex fundamento sacrae Scripturae »; Opusc. 13: Determinationes
circa regulam Frat. Min., p. 1, q. 3 (VIII, 399) : « Veritas fidei et
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