LE MOYEN AGE
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S. Thomas d'Aquin, par exemple, voit cette continuité, au sein de
laquelle il sait marquer les différences qualitatives de plan (cf. pp. 127 s.
et 179, n. 7). Transcrivons ici quelques autres expressions du senti-
ment de cette continuité dans la manifestation de la vérité salutaire
telle qu'elle se réalise, selon les besoins du temps, au long de l'histoire
de l'Église, sous l'action du Saint-Esprit « révélant » l'intention de
Dieu et «< inspirant » pour cela les Pères, les conciles, les canons, les
actes majeurs de la vie ecclésiale.
NOVATIEN, De Trinitate, 29 (P. L., 3, 943-946), texte très remar-
quable.
S. AMBROISE, In Luc., VI, 33 (P. L., 15, 1763) : « Intellige quem-
admodum corpus Filii unguentum oleat. (...) Corpus ejus traditiones
sunt Scripturarum. Corpus ejus Ecclesia est. Corporis ejus odor sumus. »
S. CYRILLE D'ALEXANDRIE, Epist. de Symbolo (P. G., 77, 293) :
« Il faut donc croire à ceux qui ont la charge de veiller à la rectitude de
la doctrine, conformément à la prédication sacrée que nous ont transmise,
par le Saint-Esprit, ceux qui ont été, dès le commencement, témoins
oculaires et ministres de la Parole (Lc, 1, 2): nos glorieux Pères se
sont appliqués à suivre leurs traces, eux qui se sont naguère assemblés
à Nicée et ont défini ce symbole de la foi, vénérable et œcuménique. Le
Christ y siégeait avec eux, lui qui a dit : Là où deux ou trois... » (Mt,
18, 20.) Comparer tant de textes cités supra, où les définitions de
l'Église sont présentées comme ne faisant que formuler la foi transmise
depuis les prophètes, le Christ et les apôtres.
RATHIER DE VÉRONE, cité supra, p. 159; comp. p. 156.
GERBERT (SYLVESTRE II), Epist. à l'archevêque de Sens, Séguin
(P. L., 139, 268 B): « Sed lex communis Ecclesiae catholicae Evange-
lium, Apostoli, Prophetae, canones Spiritu Dei constituti et totius mundi
reverentia consecrati, decreta Sedis Apostolicae ab his non discordan-
tia...
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GEBHARD DE SALZBOURG, Epist. à Hermann de Metz (P. L., 148,
851 D-52 A): « Si inquirimur unde, a quibus didicerimus, certe multos
et nequaquam obscuri nominis doctrinae nostrae adstipulatores habemus.
Apostoli nos docuerunt, apostolorum successores, apostolicae Sedis ponti-
fices; prater illos, imo secundum illos, aliorum Patrum copiosa multi-
tudo, qui notae sanctitatis et auctoritatis sunt, quorum doctrina fulget
Ecclesia et qui cum Deo regnant in coelis et in terris miraculis coruscant;
quorum sanctionibus non ignorantia vel negligentia, sed studio reluctari,
quid aliud est quam Spiritum, qui per eos locutus est, blasphemare? »
PIERRE LE VÉNÉRABLE, Epist., I, 28 à S. Bernard (P. L., 189, 148) :
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