LA TRADITION ET LES TRADITIONS
c. 6, III, 41 (FRIEDBERG, II, 636-639; cf. D., 414) et devenue, au début
du XIVe siècle, l'autorité citée en faveur des traditions non écrites
(cf. P. DE VOOGHT, La Décrétale Cum Marthae et son interprétation
par les théologiens du XIVe siècle, dans R. S. R., 42 (1954), p. 540-
548). Elle envisageait aussi le « levant les yeux » du récit liturgique de
la Cène. Comp. S. THOMAS, IIIª, q. 83, a. 4, ad. 2.
8. Cf. INNOCENT III, De sacra alt. myst., IV, 4 (P. L., 217, 858);
l'Église romaine a reçu le rite essentiel de la messe des apôtres Pierre
et Paul; S. BONAVENTURE, In IV Sent., d. 8, pars 2, a. I, q. 2 (Quar., IV,
196); rites de la messe : S. THOMAS, IV Sent., d. 23, q. I, a. 4, qª 2, ad .1;
d. 25, q. I, a. I, qª 3, ad. I; IIIª, q. 64, a. 2, ad. 1; De div. nomin., c. 1,
lect. 2: «...et aliorum dogmatum quae apostoli et eorum discipuli
tradiderunt, quae non continentur in Sacra Scriptura, ut puta quae
pertinent ad ritus sacrorum mysteriorum. » Voir encore Gabriel Biel
(forme et institution des sacrements: TAVARD, op. cit., p. 62).
9. Voir DE VOOGHT, Sources, p. 29-30 et surtout p. 153-155. Il s'agit
surtout de théologiens, relativement secondaires, du xive siècle.
10. Cf. S. BONAVENTURE, III Sent., d. 9, a. I, q. 2, ad. 6 (Quar., III,
205); S. THOMAS, III Sent., d. 9, q. I, a. 2, qa 2, ad. 3; III, q. 25, a. 3,
ad. 4: « Apostoli familiari instinctu Spiritus Sancti quaedam Ecclesiis
tradiderunt servanda, quae non reliquerunt in scriptis, sed in obser-
vatione Ecclesiae per successionem fidelium….. »
=
II. Cf. R. WEHRLÉ, La Coutume dans le droit canonique..., Paris,
1928, p. 34 s. Chez PIERRE LE CHANTRE, traditiones = les coutumes
monastiques et liturgiques (Verbum abbreviatum, c. 79; P. L., 205, 233-
239); chez PRÉVOSTIN, traditiones institutiones ecclesiasticae, c'est-à-
dire les différentes pratiques. Le plus grand nombre viennent des
apôtres ou peuvent être tirées des paroles du Seigneur (The Summa
contra Haereticos ascribed to Praepositinus of Cremona, Notre-Dame,
1958 c. XI p. 161 s.); quand Prévostin les considère in particulari, il
s'agit des rites du baptême (c. XII). Voir cependant THOMAS NETTER,
infra, n. 47.
12. C'est un fait qu'on pourrait illustrer par des exemples sans
nombre (nous en avons donné quelques-uns dans l'étude citée_supra
(n. 1). Ce fait a été méconnu par J. N. BAKHUIZEN VAN DEN BRINK
(Traditio im theologischen Sinn, dans Vigiliae Christianae, 13 (1959),
p. 65-86), qui, pour cette raison, apporte à tort plusieurs textes de
S. Thomas à l'appui de sa thèse, déjà critiquée plus haut (p. 96, n. 8)
selon laquelle traditio, au sens théologique Révélation par Dieu.
=
13. Ainsi S. THOMAS, In Matth., c. 15, « canones sunt traditiones
hominum » (éd. Parme, t. X, p. 145); DANTE, De Monarchia, III, 3;
WYCLIF (Cf. KROPATSCHECK, op. cit., p. 331, n. 6; 348, n. 1; 382, n. 2), etc.
14. A vrai dire, l'invocation du « multa tradita sunt quae non sunt
expressa in Evangelio » n'est guère le fait, pour de tels points, que de
théologiens tardifs et de chétive importance. Cf. DE VOOGHT, Sources,
P. 150-153.
15. Cf. J. DE GHELLINCK, Patristique et argument de tradition au bas
moyen âge, dans Aus der Geisteswelt des Mittelalters (Festg. M. Grab-
mann), Munster, 1935, t. I, p. 403-426.
16. Noter cependant que chez JACQUES DE VITERBE, traditio (apos-
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