LE MOYEN AGE
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tolica) recouvre la totalité du donné chrétien, doctrines comprises:
De regimine christiano, pars 1, c. 5, éd. H. X. ARQUILLIÈRE, Paris, 1926,
p. 132. On comparera, au IXe siècle, le Ps.-LUCIUS: JAFFÉ, 123 (XCIII),
dans les Décrétales du Ps.-Isidore (éd. HINSCHIUS, p. 179), reproduit
dans Gratien, c. 9, CXXIV, q. I (FRIEDBERG, col. 969) : « A recta fide
ergo et apostolico tramite propter ullam perturbationem nolite rece-
dere scientes, quoniam iuxta Salvatoris sententiam beati sunt qui perse-
cutionem patiuntur propter iustitiam. Hec est apostolorum viva tradi-
tio; hec vera karitas, que predicanda est et precipue diligenda ac
fruenda ac fiducialiter ab omnibus tenenda; hec sancta et apostolica
mater ecclesiarum omnium Christi ecclesia, que per Dei omnipotentis
gratiam a tramite apostolice traditionis numquam errasse probatur... »
17. Sur cette notion d'auctoritas, nous avons, d'une part, des études
juridiques (droit romain), d'autre part des études de lexicographie
patristique (Tertullien) et médiévale (cf. M. D. CHENU, résumant des
travaux antérieurs, Intr. à l'étude de S. Thomas d'Aquin, Paris, 1950,
p. 109 s.; La Théologie au douzième siècle, Paris, 1957, p. 351 s.). L'auctor
n'est pas l'auteur au sens littéraire actuel du terme on disait alors
plutôt editor; c'est le responsable, le sujet auquel il faut, actuellement,
attribuer la valeur d'une réalité : le Christ est auctor de la grâce, des
sacrements; le Saint-Esprit (Dieu) est auctor de toute vérité, singulière-
ment des vérités spirituelles : c'est en ce sens, d'abord, qu'il est l'auc-
tor des livres canoniques, secondairement seulement au sens d'une
sorte de dictée littéraire. Auctor désigne l'origine, plus sous son aspect
qualitatif-spirituel, que sous son aspect génétique-événementiel.
18. Confirmatur ou autres applications de ces idées : 1º la notion
de vices agere, vicarius est restée longtemps voisine de celle de minis-
terium et a désigné le représentant visible de la cause transcendante
qui était le véritable agent et responsable d'une réalité spirituelle
(auctor). C'est sous l'influence du mouvement d'idées juridique issu
de la réforme grégorienne, que vicarius a désigné, de façon progressive-
ment prépondérante, un fondé de pouvoir possédant lui-même une
autorité qui avait été remise par un fondateur situé dans le passé.
Longtemps, la fondation de l'Église était considérée, moins comme un
acte du passé que comme un autre nom de la qualité toujours actuelle
d'auctor (gratiae, sacramentorum, ministeriorum). 2º Le moyen âge
ne s'intéressait guère aux auteurs anciens, à Platon ou à Augustin, par
exemple, en tant qu'auteurs du passé, c'est-à-dire d'un point de vue
historique; il cherchait auprès d'eux la valeur permanente de vérité,
dont on vivait actuellement comp. ET. GILSON, Le Moyen Age et le
naturalisme antique, dans Archives d'Hist. doctr. et littér. du moyen
âge, 7 (1932), p. 5-37.
19. Nous présentons ici une vue globale qui est, très expressément et
lucidement, plus lucidement que chez tout autre, celle de S. Thomas
d'Aquin. Cf. CONGAR, cité supra, n. 1, puis Traité de la connaissance de
foi et Introd. à la Théol., dans Manuel de Dogme, Paris, 1961, t. I.
20. ABÉLARD, Sic et Non, Prol. (P. L., 178, 1339 B); ÉTIENNE DE
TOURNAI, Epist., 251 (P. L., 211, 517: peu avant 1200); S. THOMAS
D'AQUIN, Com. in Rom., c. 12, lect. 2; Quodl., XII, 26; IIª-IIª, q. 173,
a. 2, sol.; q. 176, a. 2, ad. 4; G. Gent., III, 154 S Post gradum; SCOT,
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