LE MOYEN AGE
On trouve encore les Pères cités dans la Scriptura par JEAN HUSS
(cf. TAVARD, Holy Writ, p. 50) et les décrets des papes, par un JEAN
TESTEFORT, en 1626! (Cf. A. G. MARTIMORT, Le Gallicanisme de Bos-
suet, Paris, 1953, p. 29.) Aussi ne faut-il s'étonner si S. BERNARDIN
(† 1444), prêchant la nécessité de connaître l'Écriture chacun selon son
état et son office, distingue trois Écritures, toutes trois mentionnées
dans le Symbole : le Nouveau Testament, par les mots secundum
Scripturas; l'Ancien Testament, par Locutus est per prophetas, tout ce
que la sainte Église romaine a défini en ses décrets, décrétales et extra-
vagantes, mentionné en « Et unam sanctam... » (Premier carême, sermo 2,
n. 3, c. I: Opera, éd. JEAN DE LA HARPE, Paris, 1635, t. I, p. 16).
25. A partir du haut moyen âge, le mot a englobé, avec l'Écriture,
les explications de celle-ci et même la théologie. (Cf. J. DE GHELLINCK,
Pagina et Sacra Pagina. Hist. d'un mot et transformation de l'objet pri-
mitivement désigné, dans Mélanges A. Pelzer, Louvain, 1947, p. 25-59).
Voir aussi H. DE LUBAC, Exégèse médiévale. Les quatre sens de l'Écriture,
I/I (Théologie, 41), Paris, 1959, p. 83 s.
26. Cf. J. DE GUIBERT, Pour une étude méthodique des loca parallela
de S. Thomas, dans B. L. E., 1914, P. 472 s. (repris dans Les Doublets
de S. Thomas, Paris, 1926, p. 55 s.); P. BENOIT, Somme théol., IIª IIª,
q. 171-174; La Prophétie, Paris, 1947, p. 278.
27. Cf. Sum. theol., I, q. 1, a. 8, ad. 2; CONGAR, loc. cit. supra (n. 1).
28. Abondante documentation dans G. H. TAVARD, op. cit. Cf. par
exemple, pour l'emploi de revelare, revelatio, p. 52-54 (Gerson), 145
(Albert Pighi), 120 (Jean Eck), 199 (Claude Lejay, au concile de
Trente).
29. Voir par exemple S. THOMAS, IV Sent., d. 17, q. 3, a. 1, sol. 5;
d. 27, q. 3, a. 3, ad. 2; IIIª, q. 64, a. 2, ad. 3; DURAND DE SAINT-POUR-
ÇAIN: « Credimus Scripturam esse inspiratam, quia Ecclesia, quae
regitur a Spiritu Sancto, hoc approbat... (cit. du texte fameux de
S. Augustin). Hoc autem quod dictum est de approbatione Scripturae
per Ecclesiam, intelligitur solum de Ecclesia quae fuit tempore apos-
tolorum... Unde Evangelia, quae per Ecclesiam illam approbata sunt,
non possunt nunc reprobari » (In III Sent., d. 24, q. 1, cité par J. BEU-
MER, Schol., 1950, p. 53, n. 60).
30. Les douze premières questions de Gérard de Bologne († 1317)
ont été éditées par D. DE VOOGHT (op. cit., p. 267-483): à compléter
pour les rapports avec Henri de Gand, par G. H. TAVARD, op. cit., et
B. SMALLEY, Gerard of Bologna and Henry of Ghent, dans R. T. A. M.,
22 (1955), p. 125-129.
31. Nombreux textes cités dans W. ULLMANN, Medieval Papalism....
Londres, 1949 (par ex. p. 26-32, 47 s.); G. H. TAVARD, Holy Writ,
p. 38 s., 47 s. OCCAM apporte le témoignage suivant : « Quidam, qui
modo magister in theologia, me praesente, asseruit quod si papa contra-
diceret Evangelio, magis crederet papae quam Evangelio. Et quidam
asseruit, quod quidquid affirmaverit papa tenendum est et credendum,
quia propter assercionem eius debet quilibet suum captivare intellec-
tum » (Breviloq., II, 13, éd. L. BAUDRY, Paris, 1937, p. 42). Le pape,
disait Bazianus, pourrait, du moins « inspiratione et revelatione Sancti
Spiritus » et avec le consentement de la Chrétienté, changer le statut de
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