LA TRADITION ET LES TRADITIONS
l'Église et faire qu'on abandonne S. Paul pour le droit romain (cité par
A. M. STICKLER, dans Salesianum, 15 (1953), p. 608).
les
Ces énoncés nous paraissent incroyables. Ils s'expliquent histo-
riquement, croyons-nous, par l'enchaînement d'idées suivant
quatre premiers conciles œcuméniques sont aussi vénérables que les
quatre Évangiles (S. Grégoire repris par S. Isidore, etc.); le pape a
autorité sur les conciles, puisqu'il les convoque et les approuve (Fausses
Décrétales du Ps.-Isidore, largement reprises dans la réforme grégo-
rienne); le pape a donc autorité sur les Scripturae sacrae... (pour le
thème des quatre conciles, voir notre étude dans Le Concile et les
Conciles, Paris, 1960, p. 75-109).
32. Net chez Occam, surtout avant sa rupture avec Jean XXII
(cf. KROPATSCHECK, op. cit., p. 321); pour Scot, cf. E. BAUDIN, dans
R. S. R. U. S., 1923, p. 246 s., 328 s.; DURAND écrit : « Cum talia
complexa (objecta fidei) sint plura, puto tamen quod inter ea est ali-
quod prima creditum quod est ratio credendi alia et ad quod fit ultima
resolutio credibilium; hoc est : credere ecclesiam regi a Spiritu Sancto >>
(loc. cit., nº 8. Passage critiqué par CAJETAN, In Iam IIae, q. I, a. I,
no XII). Voir cependant, pour compléter la pensée de Durand, supra,
n. 29. Comp. déjà SCOT, In III Sent., d. 23, q. 1, puis, plus tard, Gabriel
Biel: Scot fait dépendre la foi à l'Écriture de la foi à l'Église (R. SEE-
BERG, Die Theologie des Joh. Duns Skotus, Leipzig, 1900, p. 119 s.).
Cf. aussi C. MICHALSKI, Les Sources du criticisme et du scepticisme...,
Cracovie, 1924, p. 51; Les Courants critiques et sceptiques dans la Philo-
sophie du XIVe siècle, Cracovie, 1927, p. 202, 227 s.
33. Dialogus, pars I, lib. 2, c. 5 (GOLDAST, Monarchia, t. II, p. 415).
34. Quaestio de S. Scriptura et de veritatibus catholicis..., éd. A. LANG,
Ed altera, Munster, 1953.
35. Cf. BR. DECKER, dans Wissenschaft u. Weisheit, 18 (1955), p. 219.
36. Declaratio veritatum, rédigé peu après 1416; Opera, t. I, col. 22-24
(cf. TAVARD, op. cit., p. 52 s.). Il distingue six sortes de vérités catholiques.
37. De fide, Ecclesia, Romano Pontif. et Concilio gener., a. 1, § 3 (dans
Gersoni Opera, t. I, col. 829 s.).
38. Summa de Ecclesia, p. 2, lib. IV, c. 9, éd. Venise, 1562, fol. 381 v. s.
Il distingue sept sortes de vérités catholiques, et une huitième qui se
rattache aux précédentes. On sent, chez Turrecremata, que l'autorité
de l'Église (pape, concile, Église universelle), qui est assistée par le
Saint-Esprit, donc infaillible, devient une raison pour elle-même.
39. In III Sent., d. 25, q. 1, dub. 3. « Aut veritas dicenda est catho-
lica quae est divinitus revelata aut in Scripturis contenta, aut quia ab
Ecclesia recepta, aut quia a Summo pontifice approbata, aut quia ex
aliquo praedictorum sequitur in consequentia necessaria. » BIEL ajoute :
« Alius modus non est dabilis » : Si! Précisément les traditions non
écrites, qu'il oublie de mentionner...
40. Cf. III Sent., d. 25, q. 2, a. I, qª 4, ad. 3. Comp. CAJETAN cité
supra, n. 32.
41. Conclusion de A. VAN LEEUWEN, L'Église, règle de Foi dans les
écrits de Guillaume d'Occam, dans E. T. L., II (1934), p. 249-288.
42. Ainsi l'on répondait à Henri de Lausanne : « Quod cornicaris
inepte, tanquam si necesse sit cuncta reperiri in evangelio, que fideliter
172
