LA TRADITION ET LES TRADITIONS
54. Defensorium, 2ª pars, c. 23 (dans le vol. Opera varia, Venise, 1615,
col. I et 2). «Apparet igitur quod Ecclesia universalis, non solum dat fidem
libris factis, sed etiam dat illis certum gradum fidei et firmitatis et illum
tenent, et non ampliorem. » Contre de tels textes, Calvin avait raison...
55. Ainsi REGINALD PECOCK, évêque de Chichester déposé en 1457:
The Book of Faith, éd. J. L. MORISON, Glasgow, 1909 (cf. TAVARD,
op. cit., p. 63 s.); WESSEL GANSFORT (v. 1470), cf. A. HUMBERT, Les
Origines de la théologie moderne, Paris, p. 84-90; ou JEAN RUCHERAT DE
WESEL († 1481), cf. KROPATSCHECK, op. cit., p. 407 s.
56. Citons SYLVESTRE PRIERIAS, Dialogus de potestate Papae, Rome,
1518, A II : « Quicumque non innititur doctrinae Romanae ecclesiae ac
Romani Pontificis tanquam infallibili, a qua etiam sacra Scriptura robur
trahit et authoritatem, hereticus est »; CONRAD TRÄYER, Paradoxa cen-
tum..., Strasbourg, 1524: « Non igitur quia Joannes, Mattheus, Lucas,
Marcus, Petrus, Paulus et ita de reliquis Novi Testamenti scripto-
ribus, fidei nobis mysteria tradiderunt, pro inde id credere cogimur »
(Parad., XV), « Quo plane constaret omnibusque palam fieret sacro-
sanctam Ecclesiam sicuti omnibus supereminere, ita apud eam omnium
doctrinarum etiam Apostolicarum judicium fore, ut quod ipsa non
approbasset nullius roboris vel momenti esset » (XXVI), cité par
G. BAVAUD, La Dispute de Lausanne (1536)..., Fribourg, 1956, p. 62,
n. 4 et 5; à cette Dispute même, le défenseur, nommé d'office, de la
tradition catholique, Dominique de Montbousson dit : « L'Église est
devant et de plus d'autorité que l'Écriture » (ibid., p. 62); FRANÇOIS DE
VITORIA dit, à Salamanque, en 1526 : « Ubi est major auctoritas circa
illa quae sunt fidei, an in Ecclesia, an in Sacra Scriptura? Quaestio est
quae multoties venit in scholas » (Lect. in IIam-ÏÏªe, éd. BELTRAN DE
HEREDIA, Salamanque, 1932, t. I, p. 53); à Oxford, en 1535, ROBERT-
CROFT demandait de même : « L'Église est-elle au-dessus de l'Écriture? »
Cf. P. JANELLE, L'Angleterre catholique à la veille du schisme, Paris, 1935,
p. 224. Voir encore les articles de la Faculté de Théologie de Paris
contre les « Luthériens », 10 mars 1543, Introd. (éd. Genève, 1941, p. 10).
Combien, chez certains, la valeur absolue des Écrits apostoliques avait
subi une éclipse, on s'en rend compte encore par ce texte curieux, où
l'on voit aussi combien la notion de traditio humana était ambiguë et
vague. Traité anonyme Contra Iacobum de Misa Bohemum, de commu-
nione Laicorum sub utraque specie, 1415. Tract. specialis, I, c. 7 : « Et
quando dicitur quod Decretum est traditio humana. Respondetur :
Modo epistolae Pauli et Libri Sententiarum et Psalterium, biblia sunt
humanae traditiones. Similiter epistolae Pauli sunt correctoria: quia
epistola et correctorium apud Rhetores idem valet » (dans VON DER
HARDT, Magnum æcumenicum Constantiense Concilium, vol. 3, Franc-
fort et Leipzig, 1598, col. 700).
57. Epist., VII (Opera, Bâle, 1565, p. 857).
58. Sess. IV, 18 février 1546; C. T., I, 484, 16-17.
59. Cf. supra, n. 32. JEAN DE RAGUSE, à la fin de son De Ecclesia,
discutait le point de savoir si le premier principe de la théologie est :
croire en l'Église catholique, qui ne peut se tromper en ce qui est
nécessaire au salut (cf. G. THILS, Le Tractatus de Ecclesia de Jean de
Raguse, dans Angelicum, 17 (1940), p. 219-244; p. 235). Comp. supra,
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