LA TRADITION ET LES TRADITIONS
ments), p. 508: « Quod sine scripturis asseritur aut revelatione probata,
opinari licet, credi non est necesse. » Mêmes affirmations à la diète
de Worms, 1521, W., t. VII, p. 853; Assertio omnium articulorum
M. Lutheri per bullan Leonis X novissimam damnatorum, janv. 1521,
W., t. VII, p. 96 s. : « Oportet... Scriptura iudice hic sententiam ferre,
quod fieri non potest nisi Scripturae dederimus principem locum in
omnibus quae tribuuntur Patribus, ut sit ipsa per sese certissima, facil-
lima, apertissima, sui ipsius interpres, omnium omnia probans, indi-
cans et illuminans. (...) Nemo... mihi opponat Papae aut Sancti cuiusvis
auctoritatem nisi Scripturis munitam... Nolo omnium doctior iactari,
sed solam Scripturam regnare » (p. 97, 99). Voir encore Contra Henri-
cum regem Angliae, 1522, W., t. X. 2, p. 182, 185-186, 193, etc.
8. Op. cit., p. 182: « Ita fit ut ego clamen : Evangelion, Evangelion,
Christus, Christus, ipsi respondeant: Patres, Patres, usus, usus, sta-
tuta, statuta. »
9. Ad dialogum Silvestri Prieriatis..., 1518, W., t. I, p. 659, 37; Opera-
tiones in Psalmos, 1519, V, p. 32, 23. Dans la Confession d'Augsbourg,
art. 7 et 26, traditiones humanae désigne les cérémonies en usage dans
l'Église. Même acception chez ZWINGLI (Corpus Ref., I, p. 150, 34) et
CALVIN (Inst. chr., IV, 10, 18, éd. BARTH-NIESEL, Opera sel., t. V, p. 180).
Peut-être faudrait-il évoquer le précédent de Huss: voir supra,
ch. III, section A, n. 44.
10. Sermon de 1520, W., t. IX, p. 457, 32.
II. De abroganda missa, 1522, W., t. VIII, p. 418 : « Quod in Scrip-
turis non habetur, hoc plane Satanae additamentum est. »
12. Pour Luther, cf. supra, n. 6 et 11. Pour Zwingli, cf. POLLET,
art. cité (n. 5), col. 3765 s.: ou Dieu, ou l'homme. Calvin disait : « Il
était nécessaire de nous éloigner d'eux pour nous rapprocher de Jésus-
Christ. » Dans l'Inst. chr. (texte de 1560), IV, VIII, 13, Calvin écrit :
« Quand ils (les papistes) disent que l'Église ne peut errer, voici com-
ment ils l'entendent que d'autant qu'elle est gouvernée par l'Esprit
de Dieu, elle peut cheminer sûrement sans la Parole, et comment
qu'elle aille qu'elle ne peut sentir ni parler que vrai, et par ainsi encore
qu'elle détermine de quelque chose outre la Parole de Dieu qu'il faut
tenir sa sentence comme un certain oracle venant du ciel. De nous,
si nous leur concédons ce point, que l'Église ne puisse errer aux choses
nécessaires à salut, c'est avec tel sens qu'elle ne peut faillir d'autant
qu'en se démettant de sa propre sagesse elle souffre d'être enseignée
du Saint-Esprit par la Parole de Dieu. Voici donc le différend qui est
entre nous ils attribuent autorité à l'Église hors la Parole; nous, au
contraire, conjoignons l'un avec l'autre inséparablement » (C. R., Opera
Calvini, t. IV, 736). Dans l'Interim germano-adulterum. La vraye façon
de réformer l'Eglise chrestienne..., Calvin écrit : « (dans le papisme) La
prééminence est ravie à Dieu pour la transporter aux mitres et aux
crosses » (tirage restreint de 1882, p. 93).
Confessio Helvetica de 1562 : « Non alium sustinemus in causa fidei
iudicem quam ipsum Deum per Scripturas pronuntiantem quid verum
sit, quid falsum » (E. K. MÜLLER, Bekenntnisschriften d. reform. Kirche,
Leipzig, 1903, p. 172). Tous les documents symboliques protestants
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