LA TRADITION ET LES TRADITIONS
siae facies, quae primo ab hominibus indoctis et non optimis, defor-
mata et foedata, postea a Romano Pontifice et ejus factione flagitiose
lacerata et prope deleta est... In sacramentis nihil tentavimus, nisi ut
in nativam puritatem, undedeciderant, restituta, dignationem quoque
suam reciperent... Neque vero in doctrina dubitamus ad veterem
Ecclesiam provocare » (C. R., Opera Calvini, t. V, col. 394). Dans sa
préface dédicatoire de l'Institution à François Ier, il écrivait : « Si la
noise était à démesler entre nous par l'autorité des Pères, la meilleure
partie de la victoire viendrait à notre part (C. R., Opera Calvini, t. III,
col. 30, éd. BUDÉ, t. I, p. 19). La base des premiers siècles (jusqu'au
vire (S. Grégoire), voire au-delà) a été admise par Mélanchton (POLMAN,
op. cit., p. 34), par les protestants de nuance humaniste, par les angli-
cans, et aussi par de nombreux calvinistes jusque dans la seconde
moitié du XVIIe siècle : POLMAN, op. cit., p. 377 s.; A. v. HARNACK, Ueber
den sog. « Consensus quinquesaecularis » als Grundlage der Wiederverei-
nigung der Kirchen, dans Die Eiche, 13 (1925) p. 287-299 (repris dans
Aus dem Werkstatt des Vollendeten, Giessen, 1930, p. 65-83).
22. MÉLANCHTON, De Ecclesia et auctoritate Verbi Dei, 1539, C. R.,
t. XXIII, col. 598, « ubi Deus restituit doctrinam »; col. 640, une
assemblée est vraie Église quand la pure doctrine de l'Evangile brille
en elle. De même, réponse du 31 mai 1541, au colloque de Ratis-
bonne. Cf. TH. HERGANG, Das Religionsgespräch zu Regensburg, 1858,
244 (TAVARD, Holy Writ, p. 188). Et cf. A. SPERL, op. cit., p. 92.
De même LUTHER, Von dem Papstthum zu Rom, 1520, W., L. VI,
322 (POLMAN, p. 16, n. 1); Von den Konziliis u. Kirchen, 1539,
W., t. L, p. 524 s., 546, 606, 621. Zwingli, cf. POLLET, art. cité, D. T. C.,
t. XV, col. 37, 66-67. Calvin reproche à ses contradicteurs catholiques
de dissocier traditions et Écriture, en donnant à celles-là une valeur
autonome: textes dans POLMAN, op. cit., p. 72-73. Comp. Ep. dédica-
toire de l'Institution à François Ier (cité supra, n. 21). Théodore de Bèze,
POLMAN, op. cit., p. 126.
23. Ainsi LUTHER, De captivitate Babylonica, 1520, W., t. VI, p. 497-
573; De abroganda missa privata, 1521 (t. VIII, p. 411-476); De votis
monasticis, 1521 (p. 573-669); ZWINGLI, De vera et falsa religione
commentarius, 1525 (C. R., t. XC, p. 628-912); CALVIN, textes cités
par POLMAN, op. cit., p. 82.
24. Pour LUTHER, cf. par exemple De votis monasticis, et Von den
Konziliis, p. 621 (critère de la justification par la foi). MÉLANCHTON,
cf. Apologia, art. 15 et 28. CALVIN, Inst. (texte français de 1560), IV, x,
I et II (C. R., Opera Calvini, t. IV, col. 757, 769).
25. M. CHEMNITZ, Examen Concilii Tridentini (1567-1573), Berlin,
1861, rééd. E. PREUSS; Loci theologici (publ. en 1591). Locus II: de
traditionibus. (Cf. A. SPERL, art. cité (n. 5), p. 151 s.; R. MUмм, Die
Polemik des M. Chemnitz gegen das Konzil v. Trient, 1905. Chemnitz
discutait d'ailleurs l'origine apostolique des traditions invoquées par
les catholiques (cf. POLMAN, op. cit., p. 236 s.). Calvin, lui, reconnais-
sait une certaine valeur au critère proposé par S. Augustin, mais il
voulait en limiter l'usage et ne pas avaliser comme apostoliques toutes
les cérémonies!: Inst., IV, X, 19-20 (C. R., Opera Calvini, t. IV, 781 s.).
26. LUTHER, Varum des Papstes u. seiner Jünger Bücher von Dr. M. Lu-
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