CONCILE DE TRENTE ET THÉOLOGIE
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sous lesquelles l'Évangile de Jésus-Christ est communiqué, en sa
plénitude et sa pureté, comme source de toute vérité salutaire
et de discipline chrétienne. C'est pourquoi aussi le concile affirme
que ces deux formes doivent être reçues pari pietatis affectu.
Il est possible que partim... partim traduisît réellement la
pensée des Pères du concile, car il s'agissait pour eux de réaffir-
mer qu'il existe des vérités non formulées dans l'Écriture. Depuis
qu'un courant bibliciste exclusif menaçait l'intégrité des principes
dont l'Église avait toujours vécu, nombre d'apologistes catho-
liques présentaient l'Écriture et la tradition comme deux prin-
cipes complémentaires 39. Il est de plus bien certain que les
controversistes qui écrivirent sur cette question après le concile,
le firent généralement dans le sens du partim... partim 40. Il en
fut ainsi jusqu'en plein xixe siècle, sinon même jusqu'à nos jours :
les textes du magistère que nous citerons au chapitre suivant
(p. 257 s.) traitent l'Écriture et la tradition comme deux sources
de la divine Révélation. Il reste que le décret tridentin lui-même
évite cette présentation. Sans doute les Pères de Trente n'ont-ils
pas vu, dans l'option qu'ils prenaient, ce que nous pouvons y
voir : leur option, par la grâce de Dieu, fut d'affirmer l'existence,
non de deux sources parallèles et partielles, mais de deux voies
ou de deux formes selon lesquelles l'unique source de l'Évangile
nous est communiquée en sa pureté et en sa plénitude, depuis
Jésus-Christ. On peut penser mais ceci relève d'une élabo-
ration réservée à la seconde partie de notre étude - que la
totalité de la foi ou, si l'on préfère, la vérité du rapport religieux
comme totalité, nous est communiquée sous chacune des deux
formes, chacune selon ses modalités propres, et que la plénitude
de la communication veut cette dualité même. On peut, nous
l'avons déjà noté (cf. p. 112, n. 62 et p. 149), tenir encore,
après le concile de Trente, la thèse, elle-même traditionnelle,
selon laquelle toutes les vérités nécessaires au salut sont, d'une
manière ou d'une autre, contenues dans l'Écriture.
Depuis que ces pages ont été écrites, nous avons pris connaissance des
articles dans lesquels le P. H. LENNERZ remet en cause l'interprétation du
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