CONCILE DE TRENTE ET THÉOLOGIE
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ainsi faite. Le mouvement d'exaltation de l'autorité de l'Église
et même, en fait, de l'autorité papale, a continué et s'est même
encore accru dans la théologie de la contre-Réforme. Cette
théologie est caractérisée par l'affirmation du principe d'auto-
rité, c'est-à-dire du principe formel ou du quo, d'une façon qui
marque peu son conditionnement par le contenu, le donné
objectif ou le quod : l'autorité en tant même qu'autorité, c'est-
à-dire juste le contraire des réformateurs. Mais le moyen âge,
S. Thomas d'Aquin par exemple, n'en était pas là 64. Le mou-
vement des idées s'infléchit dans un sens nouveau : dans la théo-
logie d'un Thomas Stapleton, par exemple 65, dans la spiritualité
de S. Ignace de Loyola 66, dans l'orientation des Controverses
de Robert Bellarmin, peut-être même dans la théorie de Suarez
équiparant les définitions de l'Église à de nouvelles révélations 67,
la valeur des décisions de l'autorité apparaît comme incondition-
née, vraiment divine. Au lieu de concevoir la tradition en réfé-
rence au passé, on tend à la voir en référence au magistère actuel
de l'Église s'exprimant dans la marche du temps.
