CONCILE DE TRENTE ET THÉOLOGIE
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5. « Quasi per manus traditae » : cette image avait été employée
par AMBROISE CATHARIN (cf. supra, p. 109, n. 36), puis par HENRI VIII
dans son Assertio VII sacrament. adv. M. Lutherum, 1521 (éd. de 1562,
p. 36; éd. O' DONOVAN, 1906, p. 355), et reprise par THOMAS MORE
(cf. RANFT, op. cit., p. 64); on la trouve aussi dans l'Apologia indicti a
Paulo III R. Pontif. concilii d'ALBERT PIGHI, Cologne, 1538 (RANFT, op.
cit., p. 22, n. 15); elle était si familière aux esprits que Scripando l'in-
troduisait spontanément dans un texte de S. Augustin (De traditio-
nibus, C. T., XII, p. 518, l. 48-49).
« Ad nos usque pervenerunt » réduit les traditions dont il s'agit à
celles qui ont été conservées, à l'exclusion de celles tombées en désué-
tude (comme, par exemple l'interdiction de manger des viandes étouf-
fées). Cf. le discours du légat Cervino, 26 févr., Č. T., V/2, p. 18; I/1,
P. 33.
6. Sess. IV, Const. dogmatica de Ecclesia Christi Pastor aeternus
(D 1521).
7. Le concile dit : « Traditiones ipsas, tum ad fidem, tum ad mores
pertinentes. » Ces mores désignent-ils les règles de la vie morale?
J. L. MURPHY (op. cit., p. 292-300, App. III « Faith and Morals» at
Trent) montre que, d'après les Actes du concile, Mores désigne les
pratiques et coutumes de l'Église apostolique, dont certaines touchent
à des points de doctrine, d'autres représentant des points de discipline
ou de liturgie: bref, assez exactement ce qu'on désignait par « tradi-
tions non écrites » (cf. supra, ch. II, § C). En prenant acte de ce résultat
d'une enquête qui emporte la conviction, nous devons cependant
remarquer que fides et mores était une expression classique chez les
canonistes et les théologiens des XII-XIIIe siècles (voir plusieurs exemples
dans l'Excursus C); chez eux, donc classiquement, elle nous paraît assez
proche de ce que nous entendons aujourd'hui par « la foi et les mœurs ».
Il faudrait y regarder de plus près.
8. Voir W. KOCH, art. cit; H. JEDIN, op. cit., p. 47 et 457, n. 12;
J. L. MURPHY, op. cit., p. 289-291: le concile dit généralement tradi-
tiones; s'il y a traditio, c'est avec le sens : acte ou fait de transmettre.
Comp., pour Driedo, infra, ch. VI, n. 13. Bellarmin ne distingue pas
entre la tradition et les traditions: le mot, qu'il emploie tantôt au sin-
gulier et tantôt au pluriel, signifie pour lui essentiellement : chose non
écrite. Cf. BEUMER cité infra (n. 40), p. 7 et 14.
9. Cf. MAICHLE, op. cit., p. 31-33.
Driedo
Io. Il le lui annonce en janvier 1546, C. T., X, p. 933-934.
utilisait déjà ce texte, avec attribution à S. Basile, De eccles. script., éd.
Louvain, 1550, fol. 259 r. et v. Cf. MURPHY, op. cit., p. 60 et 132 en n.
II. C. T., I, p. 492 (= C_5, D. XI, Ecclesiasticarum, FRIEDBERG,
col. 24); S. BASILE, De Spir. Sancto, 27, 66 (P. G., 32, 188, cf. supra,
p. 61).
12. C. T., V, p. 14.
13. Sens fréquent de traditiones chez Zwingli, R. SCHMIDT-CLAU-
SING, Zwingli als Liturgiker, Göttingen, 1952, p. 43.
14. Cf. Confession d'Augsbourg, art. 26: le mot traditiones (humanae)
revient 16 fois dans le texte latin de cet article (avec 5 fois pour équi-
valent observationes); comp. art. 15 (2 fois) avec le même sens; l'Apo-
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