CONCILE DE TRENTE ET THÉOLOGIE
:
30. Voir infra, n. 42. S. LÉON disait : « Christianae pietatis est,
dilectissimi, ut quae apostolicis sunt traditionibus instituta perseve
ranti devotione serventur» (Sermo, 8; P. L., 54, 159 C). L'interlocuteur
grec d'Anselme de Havelberg, NICETAS, concluait, au sujet des conciles :
Ideo pari veneratione cum Evangelio ipsa concilia veneramur » (P. L.,
188, 1202). Même MARSILE DE PADOUE, qui approcherait le plus, au
moyen âge, d'une position protestante, admet que les définitions des
articuli faites par les conciles sont à croire de la même credulitas que
l'Evangile (Defensor pacis, Dictio II, c. 19 et 20).
31. Décret: D 783. Cervini déclarait, le 15 février: « Il n'y a pas de
différence entre les saintes Écritures et les traditions apostoliques, sinon
que les unes sont écrites, les autres non; les unes et les autres émanent
de la même manière du Saint-Esprit » ( C. T., V, p. 11, 18; I, p. 484-
485); le 18 février, le jour même où mourait Luther, il disait : « Nous
avons reçu les Écritures, il est nécessaire de recevoir également les
traditions, car elles ont été dictées par le même Esprit Saint qui a ins-
piré les Écritures » (C. T., V, p. 10, 29; cf. I, p. 484, 8). A la congréga-
tion générale du 27 mars, l'évêque de Bitonto répondait encore à
l'attaque de l'évêque de Fano contre le pari pietatis affectu, en arguant
d'une semblable inspiration du Saint-Esprit, C. T., V, p. 40, 22.
32. Ainsi le cardinal-légat del Monte, C. T., I, p. 494, 2; II, p. 380,
5. Le cardinal Farnese mandait aux légats que Sa Sainteté eût aimé
qu'on ajoutât aux trois principes objectifs de la foi-Symbole, Écri-
tures, traditions non écrites - les traditions ecclésiastiques et les

-
conciles approuvés par le Saint-Siège, C. T., X, p. 406.
33. D 997. On retrouve ici la seconde et la troisième des trois caté-
gories du donné normatif assez généralement reconnues au xve siècle.
34. C. T., V, p. 31, 25.
35. C. T., V, p. 7, 33.
36. C. T., I, p. 485.
37. 1er avril 1546: « Non placere veritati Evangelii partim in scriptis
partim in traditionibus contineri » (C. T., I/2, p. 67, 11). J. R. GEISEL-
MANN a montré (op. cit., p. 140 s.) que l'expression partim... partim
est empruntée à la traduction de Denys par Ambroise Traversari: on en
suit l'usage chez Jean Eck, John Fisher (p. 140), d'autres encore (p. 147).
38. Die mündliche Ueberlieferung, p. 163. Comp. J. BEUMER cité
infra, n. 40.
39. Ainsi Thomas More, reprenant le partim, partim d'Henri VIII
(TAVARD, op. cit., p. 132), Driedo (ibid., p. 139; mais le partim, partim
de Driedo n'a pas le sens de celui de la théologie post-tridentine,
MURPHY, op. cit., p. 243, 273-277), Albert Pighi (idée de deux prin-
cipes, TAVARD, p. 145), Gropper (p. 186).
40. Déjà le P. DENEFFE (op. cit., surtout p. 82, 125 S., 127 s.) avait
expliqué comment le souci de fonder l'autorité des vérités non scriptu-
rairement attestées avait amené les théologiens du XVIe siècle à limiter
le sens de traditio à ces vérités, alors que l'acceptation ancienne du mot
englobait la totalité de la transmission des vérités salutaires.-J.R. GEI-
SELMANN (p. 168 s.) et G. TAVARD ont montré comment la théologie
catholique a été engagée dans le sens du partim... partim à partir des
œuvres classiques de Perez de Ayala (1549), Pierre Canisius et Robert
227
