LA TRADITION ET LES TRADITIONS
Bellarmin, qui ont entendu ainsi le texte du concile. Pour ce qui est des
deux derniers auteurs, tous deux saints et docteurs de l'Église, le
P. J. BEUMER, sans nier qu'ils aient, à plusieurs reprises, l'expression
partim... partim, nous invite à ne pas leur attribuer comme une véritable
thèse la conception d'Écriture et traditions orales comme deux sources
adéquatement distinctes: Die Frage nach Schrift und Tradition bei
Robert Bellarmin, dans Schol., 34 (1959), p. 1-22 (les p. 20-22 sont
consacrées à Canisius). Canisius et Bellarmin sont des apologistes; ils
s'expriment d'une façon qui leur est comme dictée par les erreurs qu'ils
combattent : ici, le caractère exclusif et négatif du principe scripturaire
protestant. Canisius a remplacé partim, partim par quaedam, quaedam,
sive, sive: l'intention de son affirmation ne porte pas sur une division
des sources de la foi, mais sur la valeur (également normative) des
déterminations que suit l'Église, quelle que soit leur provenance immé-
diate: écrits ou traditions.
41. Actio VII (MANSI, XIII, col. 370; D 302). Le VII* concile a été
cité par Campeggi à Trente, le 23 mars.
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42. Novelle 131, 1 (18 mars 545), éd. R. SCHOLL, P. 554-555.
Pour la suite de ce thème, patronné en Occident par S. Grégoire et
S. Isidore, cf. La Primauté des quatre premiers conciles œcuméniques...,
dans Le Concile et le Concile (Unam Sanctam, 33), Paris et Chévetogne,
1960, p. 75-109.
43. Dans Opera, Wurtzbourg, 1597, 5a-8a veritas, col. 286-292. Par
exemple, la Sexta veritas, col. 287, est annoncée ainsi : « Spiritus ille
sacer orthodoxorum patrum linguis ad haeresum extirpationem et ad
plenam Ecclesiae super rebus dubiis instructionem, hactenus usus est
et utetur semper. » Fisher s'applique à montrer que la promesse du
Saint-Esprit ne s'adressait pas aux seuls apôtres, mais à l'Église, jusqu'à
la fin du monde.
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44. Decr. 4: MANSI, XXXII, col. 1164. SADOLET, De extructione
Ecclesiae catholicae, lib. I, seul édité par A. MAI (Spicilegium Romanum,
II, 1839, p. 101 s.). Cf. La citation des p. 118-119 dans TAVARD, op. cit.,
p. 154.
45. Grundtliche unterrichte. Was eyn frommer Christen von der heyligen
Kirchen, von der Vetern lere u. heyligen schrifft halten soll. Aus Göttlichen
schrifften getzogen u. beweret (févr. 1528). Cf. TAVARD, op. cit., p. 152.
46. Opera omnia, Ingolstadt, 1542, p. 253-256. Il fait appel à fn, 14,
16 et 16,8 s. Cf. H. KLOMPS, Kirche, Freiheit u. Gesetz bei d. Franzis-
kanertheologen Kaspar Schatzgeyer, Munster, 1959, p. 92.
47. De auctoritate Ecclesiae et Scripturae adversus Lutherum, 1524.
Cf. TAVARD, op. cit., p. 124-130.
48. Enchiridion Christianae institutionis, dans Canones concilii pro-
vincialis Coloniensis, Cologne, 1538, fol. 33: "... Non enim omnia
tradita sunt manifeste in sacris scripturis, sed quamplurima Ecclesiae
(quae Spiritu Sancto illustratur et gubernatur et ob id a veritatis tramite
errare nequit) determinanda relicta sunt» (POLMAN, op. cit., p. 304).
Gropper, qui s'était trouvé d'accord avec Bucer sur l'article (5) de la
foi et des œuvres, au colloque de Ratisbonne de 1541, s'opposa au
réformateur alsacien à Cologne, où l'archevêque favorisait la réforme,
sur l'article de la tradition: celle-ci, disait Gropper, a la même force que
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