LA TRADITION ET LES TRADITIONS
etiam habent concilia generalia. Haec tamen solutio nullius sane
momentis est. Quoniam Ecclesia, cum aliquid noviter definit, necessum
est consulat maiorum traditiones et antiqua sanctorum Patrum moni-
menta: neque enim Ecclesia novam fidem condit in suis definitionibus,
sed eam, quam olim Christus et apostoli Ecclesiam docuerunt, denuo
nobis explicat et in lucem fideliter edit suis definitionibus » (Comm.
in IIam IIae, q. 1, a. 10, dub. 6, concl. 4, Rome, 1586, col. 277).— De
quand date l'emploi du mot assistentia? Nous le rencontrons, en pas-
sant, chez CAJETAN, De comparatione auctoritatis Papae et Concilii,
151 (éd. V. M. I. POLLET, Rome, 1936, n. 178, p. 86): il distingue le
pape ou le concile « secundum proprias naturas et vires », et alors ils
peuvent errer, et les mêmes « secundum assistentiam divinae provi-
dentiae », et alors ils peuvent être infaillibles. La Scolastique connaissait
des Formae assistentes (= « quae non sunt partes rei, sed ei movendae
praesunt, ut angelus caelo »). Il est assez probable que l'expression est
venue de là.
64. Voir L'Apostolicité de l'Église selon S. Thomas d'Aquin, dans
R. Š. P. T., 44 (1960), p. 209-224.
65. Cf. TAVARD, op. cit., p. 230 s., et cf. infra, ch. VI, n. 14.
66. Identification rigoureuse entre règne de Dieu et Église militante,
entre discernement de ce qui a l'Esprit de Dieu, et jugement de « l'Église
hiérarchique »> (Ignace n'a-t-il pas créé cette expression nouvelle?).
Cf. H. RAHNER, Servir dans l'Église. Ignace de Loyola et la genèse des
Exercices, Paris, 1959. Voir en ce sens la treizième règle d'orthodoxie :
« Entre l'Époux, qui est le Christ, N. Seigneur, et l'Église, son Épouse,
c'est le même Esprit qui nous gouverne et dirige pour le salut de nos
âmes, car par le même Esprit et le même Seigneur qui nous a donné
les dix commandements, notre sainte Mère l'Église est dirigée et gou-
vernée. »
67. SUAREZ tient que la Révélation est close, mais il dit que l'infailli-
bilité que l'assistentia Spiritus Sancti assure à l'Église, « aequivalet
revelationi vel consummat illam, ut ita dicam ». De fide, disp. III,
sect. 2, n. 11 (Opera, éd. VIVÈs, t. XII, p. 100); in IIIam Partem, q. 27,
a. 2, disp. III, sect. 6, n. 4 (t. XIX, p. 48). Sur la pensée de Suarez
concernant le développement dogmatique, plusieurs études récentes
(G. MARTINEZ, J. ALFARO, O. CHADWICK). Il y aurait lieu de prendre en
considération douze siècles d'usage large des mots revelare, revelatio
(supra, Excursus B), et des textes comme celui-ci, d'Albert le Grand :
Papa non potest, sicut nec Apostoli potuerunt, nisi per revelationem
Spiritus Sancti et magnam Ecclesiae necessitatem (instituer une nou-
velle forme pour le baptême) » : IV Sent., d. 3, a. 2, ad. 7 (BORGNET,
XXIX, 67).
