LA TRADITION ET LES TRADITIONS
GÉLASE Ier énonce les mêmes règles : « Canonum paternorum vetus
forma servetur; nec contra eos ulla ratione praevaleat, quod pro acci-
dentis defectus remedio providetur, non adversus scita maiorum nova
lege proponitur » (Ep, 14, 3: THIEL, p. 364); « Decessorum statuta
sicut legitima et iusta successorem custodire convenit... » (fragm. 25,
dans THIEL, Epist. RR. Pont., I, 499).
HORMISDAS, dans la Profession de foi jointe à son épître Inter ea
quae du 2 avril 517, adressée aux évêques d'Espagne, dit : « Prima
salus est rectae fidei regulam custodire et a constitutis Patrum nulla-
tenus deviare... » (P. L., 63, 460; JAFFÉ, 788; D 171.) Voir, dans le
même sens, la réponse d'Hormisdas à Possessor, juil.-août, 520:
P. G., 86, 91-94. On retiendra de même la belle formule de Martin Ier
(649-655): « Canones enim ecclesiasticos solvere non possumus, qui
defensores et custodes canonum sumus, non transgressores » (Ep, 9,
MANSI, X, 813).
Telle était d'ailleurs la règle que les papes s'engageaient par ser-
ment à observer, le jour de leur sacre. Voici ce que portait l'Indiculus
Pontificis du Liber Diurnus (milieu du vire siècle) : « ... Diligentius
autem et vivacius omnia decreta predecessorum apostolicorum nos-
trorum pontificum, queque vel synodaliter vel specialiter statuerunt
et probata sunt, confirmare et indiminute servare. (...) Nihil de tra-
ditione quae a probatissimis predecessoribus meis servatum repperi,
diminuere vel mutare aut aliquam novitatem admittere, sed ferventer,
ut vere eorum discipulus et sequipeda... conservare ac venerare….. »
(Form. 83, éd. SICKEL, p. 92.)
Rien d'étonnant que tant de Professions de foi émanant des papes,
du vie au XIe siècle, proclament une volonté de respecter les conciles
et les coutumes de l'Église universelle. Citons THÉODORE Ier (642-
649), MANSI, X, 705 C; AGATHON (678-681); MANSI, XI, 234; ZACHA-
RIE écrivant à S. Boniface, en 743 et 761 (JAFFÉ, 2264 et 2291);
Léon IV en 849 (JAFFÉ, 2592, c. 4); BENOIT III, lettre Probabiliter à
Hincmar, 855 (JAFFÉ, 2664); JEAN VIII, en 879 (JAFFÉ, 3271). Dans
sa lettre du 18 mars 862 à Photius, NICOLAS Ier parle des institutions
ecclésiastiques «< quas secundum canonicas et synodicas sanctorumque
Patrum sanctiones inviolabiliter atque irrefragabiliter retineret
(Romana ecclesia) » (JAFFÉ, 2691, P. L., 119, 786 B; MANSI, XVI, 68).
Le concile assemblé pour régler l'affaire du patriarche appelle le
pape : « ...paternarum traditionum strenuus executor » (MANSI, XVI,
124). HADRIEN II, dans sa Profession de foi lue au VIIIe concile œcu-
ménique (Actio I: MANSI, XVI, 27), déclarait; « Prima salus est
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