LA TRADITION ET LES TRADITIONS
conditions, un processus comparable : l'orthodoxie s'est surtout atta-
ché au « principe formel», Sola Scriptura, alors que Luther donnait la
primauté au contenu : l'Évangile du salut.
II. C. T., V/2, p. II. - J. BAKHUIZEN VAN DEN BRINK (cf. ch. IV,
n. 5) montre que, sous traditiones, les Pères et théologiens de Trente
mettaient tout ce que l'Église prescrit sur le terrain de la foi et de la
discipline ecclésiastique, en dehors de l'Écriture, sous la motion du
Saint-Esprit. C'est dans ce sens que, par la suite, on a développé la
théologie du concile.
12. Par exemple, cet avis des « théologiens mineurs » : « Ex consensu
Ecclesiae ponitur character, igitur a Spiritu Sancto est, cum ecclesia
non possit errare... » (C. T., V/2, p. 858, 13-14.)
13. Comp. A. MICHEL, art. Tradition, dans D. T. C., t. XV, col. 1320-
1321. On n'en est pas encore là chez Jean Driedo (De ecclesiasticis
scripturis et dogmatibus, 1533) : il appelle traditiones la tradition au sens
objectif, les « dogmata extra canonem constituta », et traditio la trans-
mission de ces doctrines par succession, c'est-à-dire leur proposition
par l'Église mais non par la seule hiérarchie. Cf. J. LODRIOOR, La
Notion de tradition dans la Théologie de Jean Driedo de Louvain, dans
E. T. L., 26 (1950), p. 27-63. Comp. supra, ch. V, n. 8.
14. Principiorum fidei doctrinalium Demonstratio, Paris, 1582, 2º éd.
Voir en particulier Controv. III, lib. VII, c. 12 (p. 261, où les saints
Pères sont justifiés d'avoir eu l'autorité dont ils jouissent dans l'Église
<< quia episcopi aut sacerdotes in Ecclesia fuerunt »); Controv. IV,
lib. VIII, c. 12 (p. 290-293, chap. intitulé: Vox docentis vel attestantis
Ecclesiae est medium certum et infallibilis regula ipsius fidei, et où toute la
certitude de vérité de la foi est mise dans la soumission au magistère);
Controv. V, tout entière.
15. ANTOINE MAYR, Theologia scholastica, Ingolstadt, 1732, t. 7;
tr. VII, n. 207, 306 (cf. D. T. C., t. XV, col. 1328); card. GOTTI, Theolo-
gia scholastico-dogmatica, Venise, 1763; dub. I § 1, n. I : « En tant que
doctrine, la tradition est source; en tant que doctrine transmise par
l'autorité de l'Église, elle est règle » (D. T. C., ibid.); René Billuart :
même position (D. T. C., ibid.).
16. Lehrbuch d. vergl. Confessionskunde, Freiburg, 1892, p. 271 S.,
surtout_275.
17. Voir supra, ch. III, n. 29.
18. Voir M. MACCARRONE, Teologia e Diritto canonico nella Monar-
chia III, 3, dans Riv. di Storia della Chiesa in Italia, 5 (1951), P. 7-42
(riche documentation).
19. Ad dialogum Silvestri Prieriatis... Responsio, 1518, W., I, p. 662,
24-26. Comp. Propositiones adv. totam synagogam Satanae, 1530:
« Ecclesia Dei non habet potestatem approbandi articulos aut praecepta
seu scripturas sacras more Majoris vel auctoritate judiciali nec id
nunquam fecit aut faciet. (...) Ecclesia Dei potius contra per scripturas
sanctas seu articulos fidei est approbata et confirmata tanquam a
Maiore et authoritate judiciali » (W., XXX/2, p. 420 et 424). On
comprend que les apologistes catholiques s'appliquassent à prouver
l'antériorité de l'Église sur l'Écriture...
20. O. CULLMANN, La Tradition, dans Dieu vivant, nº 23 (1953),
280
