TRADITION ET MAGISTÈRE
91. Voir par exemple BAINVEL, op. cit., p. 58. Comp. PIE IX, lettre
Inter gravissimas, 28 oct. 1870 : « (la science catholique) a pour tâche la
plus noble de montrer de quelle façon la doctrine se trouve dans les
sources de la Révélation, au sens même où elle a été définie » (Acta
Pii IX, pars I, t. V, p. 260). Ce que dit en ce sens l'encycl. Humani
generis (A. A. S., p. 568) doit être entendu dans le cadre de sa notion
de tradition, sur laquelle cf. infra, n. 116.
92. De Sacra Traditione contra novam haeresim Evolutionismi, Rome,
1904; la 2º édition porte un nouveau titre, et le changement est signi-
ficatif : De immutabilitate Traditionis contra modernam haeresim Evolu-
tionismi, Rome, 1907 (avant Lamentabili). Cf. A. MICHEL, art. Tradition,
dans D. T. C., XV, 1342 s.
...
93. De Ecclesia, Freiburg, 1925, t. I, nº 669, « Ergo traditio eccle-
siastica est (proxime actus, dein in concreto) illa persona, sive physica
sive moralis, quae et quatenus auctoritate Christi doctrinam Christi
annuntiat, cui proinde Christus munus magisterii sui contulit. »
94. Der Traditionsbegriff..., Munster, 1931. Deneffe avait d'abord
tenu que paradosis, traditio, chez les Pères, signifiait principalement
le contenu ou l'objet transmis. Une enquête considérable qu'il fit à
travers les textes des Pères, conciles, papes et théologiens, le convain-
quit que le sens premier du mot est le sens actif : l'acte de transmettre.
D'où: 1º un concept principal de trad. la prédication infaillible de
la foi par l'Église et donc, au sens actif, le magistère assisté (p. 130,
160, 162); 2º un concept dérivé les monuments de cette proposition
infaillible de la foi.
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Cette thèse est apparue fort criticable. DOM B. REYNDERS (Bull
R. T. A. M., janv. 1932, nº 873) notait que cet emploi du mot au sens
actif n'est pas celui des anciens Pères, y compris S. Irénée. J. MURPHY
(op. cit., p. 248) récuse l'interprétation que Deneffe donne des textes de
Driedo. De fait, quand on lit Deneffe, on s'étonne de sa conclusion, car
celle-ci n'est guère supportée par les textes que lui-même cite. D'autre
part, le P. J. TERNUS, S. J. (Beiträge zum Problem der Tradition, dans
Divus Thomas, Frib., 16 (1938), p. 33-56) notait, p. 39: le magistère
nous dit ce qui est tradition ou non, cela n'implique pas qu'il soit iden-
tique à la tradition. De plus, le magistère papal est garant, ou mieux
déclarateur et interprète de la tradition, mais il n'est pas seul à trans-
mettre le dépôt de génération en génération : tout le corps ecclésial par-
ticipe à cette transmission, comme l'ont bien montré Scheeben et Fran-
zelin.
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95. G. FILOGRASSI, Traditio divino-apostolica et Assumptio B. Mariae
Virg., dans Gresgorianum, 30 (1949), p. 443-489 : « Si magisterium
vivum actuale complete sumatur, secundum omnia eius elementa, cum
traditione coincidere affirmatur » (p. 452); la tradition la praedicatio
ecclesiastica qui comprend l'Église enseignante, la doctrine enseignée
et l'acte d'enseigner ou l'exercice du magistère (p. 451). ID., Tradizione
Divino-Apostolica e Magistero della Chiesa, ibid., 33 (1952), p. 135-167,
cf. p. 136; m., même titre, dans La Civiltà cattol., 102 (1951-1953),
p. 137-147, 384-393.
96. Art. Tradition, dans D. T. C., t. XV, col. 1347: A. Michel suit
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