TRADITION ET MAGISTÈRE
ecclésiastique. Dans cette conception l'accent est moins mis sur la
Source elle-même, sur la dignité, l'autorité de la traditio activa des
apôtres que sur l'autorité de la traditio activa du magistère ecclésias-
tique » (p. 180-181).
120. DENEFFE, op. cit., p. 117 8., 132 S., 160-163. Deneffe a peut-être
emprunté à Kilber (WIRCEBURGENSES, Institutiones theologicae. Tract.
de Principiis theol., Wurtzbourg, 1752 (?), éd. Paris, 1852, t. I), mais
l'expression a des attaches chez CANO (De Locis theol., lib. XII, c. 3 :
« Principiorum itaque theologiae numerus e libris sacris atque apostolo-
rum traditionibus integerrime constituitur ») et même dans la scolas-
tique médiévale.
121. FR. HEILER (Das neue Mariendogma, II. Ekumenische Einheit, 2,
Heft 3) a ainsi retourné à tort contre Pie XII un reproche injustement
fait aux PP. Chenu et Charlier.
122. « Die römischen Erkenntnisquellen sind also heute (depuis le
concile du Vatican) die Bibel und der Papst, oder, da der Papst die Aus-
legung der Bibel in der Hand hat, der Papst und die Bibel » (P. TSCHAC-
KERT, Evangelische Polemik, Gotha, 1885, p. 100); du même, dans l'art.
Tradition de la Realenzyklopädie de Hauck (t. XX, 1908, p. 19):
so erfand die jesuitische Theologie die neue Definition: Tradition
ist, was in der römischen Kirche als Tradition gelehrt wird. » Comp.
supra, n. 20.
123. Voir J. Guitton, O. Chadwick, cités supra, n. 47; J.-H. WAL-
GRAVE, Newman. Le développement du dogme, Paris, 1957; H. FRIES,
J. H. Newmans Beitrag zum Vertändnis der Tradition, dans Die mün-
dliche Ueberlieferung, hrsg v. M. SCHMAUS, Munich, 1957, p. 63-122.
124. Voir, dans le beau recueil JOHN HENRY NEWMAN, Pensées sur
l'Église, trad. A. ROUCOU-BARTHÉLEMY (Unam Sanctam, 30), Paris,
1956, p. 27 s., les textes de la période anglicane représentant une
« Récupération et illustration des principes catholiques ». Ajouter ces
passages caractéristiques de l'Essay on the Development of the Christian
Doctrine (1845), ch. Î, sect. 2 (An infallible developing authority to be
expected), n. 5 et 7: «En outre on ne doit pas perdre de vue que,
comme l'autorité et l'obéissance sont l'essence de toute religion, la dis-
tinction entre la religion naturelle et la religion révélée se trouve en ce
que la première a une autorité subjective, la seconde une autorité objec-
tive. La Révélation consiste dans la manifestation de la puissance
divine invisible, ou dans la substitution de la voix d'un législateur à la
voix de la conscience. La suprématie de la conscience est l'essence de
la religion naturelle; la suprématie d'un apôtre, d'un pape, d'une église,
d'un évêque, est l'essence de la religion révélée : et quand cette auto-
rité extérieure vient à manquer, l'esprit retourne à ce guide intérieur
qu'il possédait même avant que la révélation fût accordée. Ainsi, ce
qu'est la conscience dans le système de la nature, la voix de l'Écriture
ou de l'Église ou du Saint-Siège, l'est dans le système de la révélation »
(Newman poursuit ensuite le parallélisme : de même qu'il est toujours
moralement bon de suivre la conscience, bien que celle-ci soit parfois
erronée, ainsi est-il prudent de suivre toujours le magistère même dans
les cas où il est douteux qu'il soit infaillible)...
Le seul guide persuasif en matière de conduite est l'autorité,
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