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Avant-propos
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Le thème « tradition » connaît présentement la faveur. Les biblio-
graphies annuelles suffisent à le montrer dans le domaine des sciences
théologiques. La confrontation des positions dans le dialogue ocu-
ménique, la conscience plus précise de ses propres principes qu'elle
requiert de chacun, expliquent en partie cette abondance de publi-
cations. Le renouveau de l'idée d'Église également, car les deux réa-
lités s'appellent l'une l'autre. Mais la faveur témoignée au thème
« tradition » déborde le monde des théologiens. Après avoir observé
comment, successivement, chaque époque s'enthousiasme pour quelque
notion un peu vague, mais pour elle très parlante « nature » chez
les Grecs, « raison » au XVIIe siècle, « vie » au XIX® —, un chro-
niqueur croyait pouvoir noter : « Actuellement, nous voyons la Tra-
dition surgir parmi les choses admirables, mais personne ne sait
encore pourquoi. Nous avons publications et propagande pour la
Tradition scientifique, la Tradition hébraïco-chrétienne, la Tradi-
tion classique, la Tradition humaniste. La Tradition gréco-romaine
est opposée à la Tradition teutonique; la Tradition occidentale à
l'orientale, la Tradition humaniste à celle des sciences empiriques¹...»
Serait-ce, dans l'homme d'un siècle où tout s'analyse, où tout fait
l'objet d'une technique, le besoin de se rattacher à des racines, à un
I. Les notes sont rejetées en fin de volume.
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