AVANT-PROPOS
débats actuels, tant dans le cadre du dialogue œcuménique qu'à
l'intérieur du monde catholique.
On sait que la question de la Tradition, et de ses rapports avec
l'Écriture dans la communication de la Révélation, fut abordée par
le second concile du Vatican dès sa première session. A ce moment,
la rédaction du présent ouvrage était entièrement achevée. Cette
rédaction, étalée sur plus de deux ans, vingt fois interrompue ou
concurrencée par cent autres travaux, est, nous en avons conscience,
fort imparfaite. Elle est alourdie, non seulement par une documen-
tation qu'on aurait pourtant de la peine à nous faire trouver exces-
sive, du moment qu'elle rendra service, mais par certaines redites,
conséquence et rançon des reprises que nous venons d'avouer. Incon-
vénient des labeurs trop prolongés, et pourtant finalement précipi-
tés... Il est un autre de ces inconvénients : dans l'intervalle de ces
deux ans, de nombreuses études sont parues, qui intéressent puissam-
ment notre sujet. Nous avons essayé d'en tenir compte jusqu'au der-
nier moment de la dactylographie. Nous l'avons fait en particulier
pour les livres de H. Holstein, J. R. Geiselmann, P. Lengsfeld,
G. Biemer, W. Kasper, et des articles de G. H. Tavard, P. De
Vooght (voir bibliographie). Nous n'avons pu, malheureusement,
tenir compte de trois importantes études venues trop tard à notre
connaissance, à savoir celles de R. P. C. Hanson, Tradition in the
Early Church, Londres, 1962, qui cite souvent et critique notre
Essai Historique; J. Beumer, fascicule de la Dogmengeschichte
publiée par Herder, Freiburg, 1962; enfin le volume collectif Schrift
und Tradition, Essen, 1962.
S'il est un sens d'ensemble des études actuelles touchant la Tra-
dition, il consiste en une certaine recherche d'ampleur. On mesurera
sans doute la nouveauté que le dialogue œcuménique représente dans
l'affrontement séculaire des chrétiens divisés, si l'on note que, se
nouant aujourd'hui très précisément sur la question de la Tradition,
il dépasse délibérément le cadre trop étroit des controverses du
XVIe siècle et exige des catholiques eux-mêmes un élargissement du
regard. Il ne s'agit plus seulement de savoir si la Tradition comporte
un apport de vérités qui ne seraient d'aucune façon contenues dans
les Ecritures : cette manière concurrentielle de poser la question
apparaît trop étroite. Il s'agit de savoir ce que la Tradition apporte
d'original, même à l'égard de ce que l'Écriture contiendrait, et la
place qu'elle tient dans la vie d'une Église dont on a redécouvert,
dans le même temps, qu'elle n'est pas seulement un système, une
organisation, mais une vie, la vie du peuple de ceux qui veulent être
à Jésus-Christ. La Tradition comme vie de l'Église dans la commu-
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