ANALYSE ET SYNTHÈSE DE L'IDÉE DE TRADITION
X
3
}
mystagogues de l'Oikouménè 51 ». La foi baptismale est la foi
de l'Église, en la continuité des Apôtres. La redditio symboli n'a
pas, aux ive-ve siècles, l'allure qu'elle prendra, dans la mesure
où elle subsistera, à l'époque carolingienne, d'une vérification
de la foi des candidats au baptême, comme par mode d'examen.
Elle a essentiellement une valeur liturgico-ecclésiale, celle d'une
profession de la foi de l'Église, telle qu'on l'a reçue de l'évêque,
gardien de la tradition. La redditio symboli était une étape dans
l'engendrement du fidèle qui allait, se perfectionnant, depuis sa
conception jusqu'à sa mise au monde comme membre du Peuple
de Dieu dans l'acte du baptême, que devaient suivre la confir-
mation et l'eucharistie 52.
Un S. Thomas d'Aquin avait encore un sentiment très fort
de tout cela. Quand, dans le traité du baptême de la Somme, il
cite une vingtaine de fois la formule classique « Baptismus est
fidei sacramentum », il entend par fides l'initiation, puis la par-
ticipation de chaque personne, venant à la vie terrestre dans la
suite des générations, à la doctrine et au culte de l'Église comme
coetus, unitas, congregatio fidelium, ensemble ou communion de
tous ceux qui vivent dans le Christ 53. Il s'agit d'entrer spiri-
tuellement et corporellement dans l'unique réalité dont le point
d'origine est le Seigneur et les Apôtres, et qui est la foi salutaire.
La traditio symboli a été souvent accompagnée d'autres tradi-
tiones. Nous avons rencontré déjà la traditio du Pater. Un peu
plus tard, au vre siècle, il y eut, à Rome, une traditio des Évan-
giles et, à Naples, des Psaumes 54. Cette traditio Evangeliorum est
attestée, à Rome, par le sacramentaire dit gélasien, sous le nom
d' << Expositio Evangeliorum in aurium apertione ad electos 55 »>,
mais elle se rattache à des coutumes beaucoup plus anciennes 56.
Une apertio aurium consistant en un attouchement des oreilles
par l'évêque, accompagné de l'ordre évangélique « Effeta, quod
est Adaperire » (Mc, 7, 33-34), est attestée au début du Ie siècle
par Hippolyte 57 et était pratiquée, la veille de Pâques, à Milan
et dans le nord de l'Italie, au Ive siècle 58. Plus tard, à Rome, sur
la fin du vre siècle (gélasien), en Gaule au moins au vire siècle 59,
le rite devint une tradition des Évangiles. Il se célébrait dans le
cadre du troisième scrutin, le mercredi précédant le dimanche
>
25
