ANALYSE ET SYNTHÈSE DE L'IDÉE DE TRADITION
:
abondamment formulée par les Pères, que le symbole est un
résumé de la foi contenue dans les Écritures, et donc de la foi
apostolique 67. Cela est certain. Cela seul est important. Dans le
même sens, avant même que des symboles formels fussent
rédigés, la réponse aux interrogatoires baptismaux qui accompa-
gnaient la célébration même du mystère, était référée à l'ordre
par lequel le Seigneur avait lancé dans l'existence, et la mission
apostolique, et l'Église : « Allez donc, de toutes les nations faites
des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-
Esprit... Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé » (Mt, 28,
19; Mc, 16, 16a). C'est dans cette foi, c'est dans cette institution
réelle du salut, que, par la catéchèse et le baptême, on entrait.
Par eux, on s'agrégeait à la réalité unique qui, répandue par
l'apostolat, avait pour auctor, c'est-à-dire pour origine, respon-
sable et réalisateur, le Seigneur lui-même.
Le christianisme, fait de communion. La foi est un héritage
transmis et reçu; elle est aussi une communion. Beaucoup de
symboles, en Orient, commencent par « Nous croyons, Pisteuo-
men », au lieu de « Je crois, Pisteuô 68 ». Le principe intérieur de
salut n'est pas seulement transmis : il est et reste une réalité
commune à un grand nombre. Il vit dans une collectivité dont
ni l'espace ni le temps ne brisent l'unité. La foi transmise et
reçue est la foi de l'Église, la foi qui fait l'Église 6. Elle est aussi
qualifiée très souvent, dans le sillage de S. Augustin et de S. Gré-
goire, par l'attribut universalis : par quoi il faut entendre une
communion totale, aussi bien dans le temps que dans l'espace,
avec tout ce qui participe au salut acquis en Jésus-Christ.
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Nous ne développerons pas ici davantage le thème du statut
ecclésial de la foi, car les chapitres suivants l'étudieront sous
divers aspects. Il était cependant nécessaire de le situer ici.
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