ANALYSE ET SYNTHÈSE DE L'IDÉE DE TRADITION
Nicée...; c'est par la foi... qu'Augustin...; c'est par la foi... que
François Xavier...; c'est par la foi... que Thérèse Martin, etc.
Cette histoire est celle des chrétiens répondant aux appels de
Dieu et du temps, celle des conciles et des actes du magistère,
celle des entreprises missionnaires et des fondations religieuses,
celle des conversions, celle de toutes les décisions prises pour
Dieu; mais aussi, plus secrète et devant être connue seulement
au dernier jour, celle de tous les mouvements de foi et d'amour
tirés de nos libertés d'homme par la grâce de Dieu. Si on pouvait
en écrire les éphémérides, on y lirait, par exemple : 23 novembre
1654, à Paris, Blaise Pascal...; 25 décembre 1886, à la messe de
minuit, à Lisieux, Thérèse Martin fait sa première communion
et y vit une «< complète conversion » intérieure; aux vêpres, à
Paris, Paul Claudel reçoit la foi... Nous évoquons seulement
deux ou trois faits connus, mais il y a les myriades de myriades
que Dieu connaît et qui figurent dans son Livre de Vie... Immen-
sité, richesse, infinie variété et surabondance de cette histoire où,
cependant, il ne s'agit que d'une chose : du rapport d'alliance
parfaitement fondé en Jésus-Christ, c'est-à-dire de l'Évangile 95...
Le temps de l'Église est donc le temps de ce que suscitent en
nous de réponses saintes, dans l'ordre de la vérité et de l'amour,
les << missions divines », c'est-à-dire les visites par lesquelles
« Je suis-j'étais-je viens » accomplit le rapport religieux d'alliance
révélé et posé une fois pour toutes. Chaque moment de ce temps
est à la fois actualité du rapport religieux, présence active de ce
qui l'a fondé une fois pour toutes, et commencement de sa
consommation finale.
Tradition et temps de l'Église ou temps du Saint-Esprit.
L'application à la tradition de ces considérations sur le temps
de l'Église, qu'on appellerait aussi bien temps du Saint-Esprit,
se fera facilement en revenant sur le rapport du présent au passé
et au futur.
a) « Référence du présent au passé » n'est pas très exact. Il
y a bien plutôt présence du passé dans le présent, présence des
événements constitutifs du rapport religieux à chaque moment
du temps par eux ouvert, situé et constitué; présence du Prin-
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