ESSAI DE CLARIFICATION DE LA NOTION DE TRADITION
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​Dieu dans la vérité du rapport religieux issu de Jésus-Christ.
B) Si l'on sépare, dans ce qui est ainsi transmis, les écrits et ce
qui n'a pas été écrit, que dira-t-on?
a) Les écrits apostoliques appartiennent à la Révélation, tout
comme les Écritures d'Israël. Les uns et les autres sont relatifs à
Jésus-Christ comme à leur centre. Que les écrits prophétiques
et apostoliques appartiennent à la Révélation, cela signifie que
Dieu en porte la responsabilité, ayant agi, par les charismes de
l'inspiration, de telle sorte qu'il puisse et doive être dit vérita-
blement l'auteur (auctor : le sujet responsable, parce qu'il est à
l'origine) d'un écrit qui a pourtant un rédacteur humain, histo-
rique. En raison de cela, ces écrits ont une valeur normative
absolue. On les appelle les Écritures canoniques 12. Un assez
grand nombre d'écrits se sont donnés comme émanant de tel ou
tel des témoins choisis par Dieu afin de porter leur témoignage
sur les faits de la Révélation. Il en existe près d'une cinquantaine
rien que parmi ceux qui se donnent comme «< évangiles ». Pour-
tant, ils n'ont été ni reconnus ni retenus comme canoniques. Nous
aurons l'occasion d'aborder, dans un chapitre ultérieur, les pro-
blèmes que pose ce fait décisif.
b) La tradition apostolique au sens restreint du mot comprend
tout ce que les Églises ont reçu des Apôtres comme enseignement,
règles de conduite et de discipline, réalités de culte, sens du mys-
tère chrétien et des Écritures prophétiques, organisations, etc.,
considéré comme transmis indépendamment des textes ou autre-
ment que dans les textes. On en isole parfois, sous le nom de
<< traditions apostoliques », quelques points particuliers tenus
depuis toujours et universellement, dans l'Église, comme venant
des Apôtres (cf. supra, n. 10). De ces points, on ne peut exclure
a priori des vérités dogmatiques, ne serait-ce que l'idée même
d'un canon des Écritures du Nouveau Testament. Encore faut-il
éviter de se représenter la chose sous la forme, chimérique, d'une
sorte de chuchotement de bouche à oreille, de génération en
génération, dont la substance, un beau jour, serait produite au
grand jour de la publicité. Traditionnellement, on a rattaché
toujours, d'une manière ou d'une autre, aux Écritures cano-
niques, toutes les vérités dogmatiques ou, comme on préférait
dire, les vérités nécessaires au salut 13; quand on a cité des
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