LA TRADITION ET LES TRADITIONS
can, que le pape est infaillible quand... Ces actes interviennent
parfois au terme d'une recherche ou d'une lutte pleine d'incer-
titudes et de va-et-vient, et dont l'histoire nous fournit plus
d'un exemple.
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L'unité des sujets de la Tradition a pour raison interne le
Saint-Esprit qui accompagne chaque moment de la mission pour
lui donner la réalité que l'engagement de Dieu suppose, selon
sa nature et son degré. La mission est ainsi, en ses structures
instituées par Dieu, comme un sacrement de l'Esprit. Cet Esprit
est celui « qui a parlé par les prophètes ⁹ ». Il apparaît comme le
principe intérieur de la mission du Christ dès le début de son
ministère public 10. Il est aussi le principe intérieur de la mission
des Apôtres et même de toute l'Église (Pentecôte) ¹¹. Il ne cesse
d'habiter et d'animer l'Église et de concélébrer avec elle dans le
témoignage qu'elle donne : « Nous sommes témoins de ces choses,
nous et l'Esprit que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent »>
(Ac, 5, 32; Jn, 15, 26-27): qui lui obéissent, c'est-à-dire qui
demeurent dans la forme de l'Alliance telle qu'il l'a définie
(cf. Jn, 14, 23 s. et tout le thème de « garder la parole »).
Il existe des différences de degré et de mode dans le don du
Saint-Esprit comme dans l'engagement de Dieu par la mission :
les deux choses se correspondent exactement. En l'une comme
en l'autre il y a unité de sujet, mais unité relative, admettant
des étagements et des différences de condition. Le même Esprit
qui a parlé par les prophètes, qui est l'« auteur »> des saintes
Écritures, habite et anime l'Église : cela fonde l'homogénéité de
l'interprétation ecclésiale (Tradition au troisième sens de la
page 57) par rapport à l'Écriture sainte. Mais là, il inspirait, ici
il assiste: cela pose une différence qualitative entre les deux
moments, et l'obligation correspondante de faire de l'Écriture
la norme, au moins la norme négative, de toute interprétation
et de toute transmission.
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