CHAPITRE V
Écriture et tradition
dans leur rapport
à la révélation et à l'Église de Dieu
I.
· LA GÉNUINE POSITION DES PÈRES.
Au xvie siècle, face à la Réforme, il s'agissait pour les catho-
liques de justifier la valeur de certaines pratiques ou de certaines
affirmations que l'on ne pouvait appuyer immédiatement sur
des textes explicites des Écritures canoniques. Cette préoccupa-
tion a certainement été présente à l'esprit des Pères du concile
de Trente qui ont voté et promulgué le décret du 8 avril 1546
sur les Écritures canoniques et les traditions non écrites. Elle a
dominé davantage encore l'esprit des controversistes qui ont lu
le décret sous cet angle particulier. Ils ont spontanément précisé
en ce sens un point que la rédaction conciliaire avait laissé indé-
terminé, celui de savoir s'il existe, dans le dépôt de la foi, des
vérités qui ne seraient pas objectivement ou matériellement
contenues dans les Écritures (insuffisance matérielle de l'Écri-
ture). Plusieurs ont défendu la réponse affirmative non sans
doute S. Bellarmin, peut-être pas même Cano, dont la position
est plus nuancée ¹, mais d'autres après eux-ce qui les enga-
geait à tenir qu'on peut distinguer adéquatement Écriture et tra-
ditions non écrites au point de vue du contenu.
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